Origine et histoire du Château de Droupt-Saint-Basle
Le château de Droupt-Saint-Basle trouve ses origines en 1580, lorsque Louis Le Mairat, riche drapier et bourgeois de Troyes, acquiert la seigneurie de Droupt. En 1586, il obtient l'autorisation royale d'entourer sa demeure de murs, fossés et ponts-levis pour se protéger des voleurs. Ce château fortifié, dont subsistent encore la poterne d’entrée, les tours d’angle et les douves, reflète les tensions de l’époque, marquée par les guerres de Religion. Les Le Mairat, fidèles à Henri III puis à Henri IV, consolidèrent leur pouvoir local jusqu’au début du XVIIIe siècle, laissant une empreinte architecturale durable.
En 1712, la seigneurie passe aux mains de Jean Moreau, avant d’être acquise en 1714 par la famille Guillaume de Chavaudon, qui la conservera jusqu’en 1974. Pierre-Nicolas Guillaume de Chavaudon, conseiller à la Cour des aides, transforme le château en résidence de plaisance au XVIIIe siècle, modernisant les façades et aménageant des jardins à la française. Son fils, Étienne-Paul, capitaine des dragons, poursuit les travaux en surélevant les jardins et en améliorant les systèmes hydrauliques. La Révolution française ébranle la famille, accusée d’émigration, mais le château survit, devenant même un hôpital allemand pendant la Seconde Guerre mondiale.
Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains, subissant des périodes d’abandon et de dégradation. En 1983, Jean-Pierre Paupe le sauve de la démolition et entreprend une restauration minutieuse, redonnant au monument son éclat d’antan. Les travaux, récompensés par plusieurs prix patrimoniaux (médaille d’or de la Renaissance française en 1999, Grand Prix national des Vieilles Maisons Françaises en 2011), ont permis de préserver les décors intérieurs du XVIIIe siècle, les douves, et les communs historiques. Aujourd’hui, le château abrite un musée privé consacré à l’art populaire.
L’architecture du château mêle des éléments défensifs du XVIe siècle (tours canonnières, douves, ponts-levis) à des aménagements de confort des XVIIIe et XIXe siècles (jardin à la française, salon Louis XVI, jardin d’hiver). Les intérieurs conservent des boiseries classées, des cheminées en marbre, et des parquets d’époque, tandis que les communs, avec leur structure à pans de bois, témoignent des origines champenoises du domaine. Le site, partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1987, illustre l’évolution d’une seigneurie en résidence aristocratique, puis en patrimoine culturel.
Parmi les éléments remarquables figurent la salle à manger aux boiseries peintes, le salon orné d’un parquet « petit Versailles », et la salle de billard avec sa bibliothèque en merisier. Le parc, autrefois ravagé, a été restauré avec ses allées de tilleuls et ses perspectives paysagères. Les douves, comblées au XIXe siècle puis remises en eau, encerclent toujours le logis, tandis que la glacière et le pigeonnier complètent cet ensemble seigneurial. Les dessins laissés par des soldats allemands durant la Seconde Guerre mondiale rappellent aussi son histoire mouvementée.