Origine et histoire du Château de Dun-sur-Auron
Le château de Dun-sur-Auron, surnommé « La Salle-le-Roi » ou « Palais Royal », est édifié au cœur de la ville du même nom, dans le département du Cher. Sa construction débute au 1er quart du XIIIe siècle, avec l’érection de la porte de l’Horloge (souvent confondue avec un donjon), qui servait d’accès principal à la seconde enceinte fortifiée de la cité. Cette porte, de plan carré et flanquée de tourelles, s’inspire du donjon de Bourges (1190) et marque un renforcement des défenses du Châtel Vieil, quartier médiéval protégé.
Au XIVe siècle, une extension est construite à l’est de l’enceinte, privant la porte de sa fonction défensive mais conservant son rôle de beffroi. Des travaux majeurs interviennent au XVe siècle, notamment la restauration de la charpente et l’ajout d’un escalier hélicoïdal. En 1856, la toiture est entièrement refaite. Le château, initialement propriété des vicomtes de Dun au XIe siècle, est racheté par Philippe Ier vers 1100, puis entièrement remanié sous Philippe Auguste (1202–1203) avec des courtines, des tours et un donjon. Après un saccage en 1430, il est reconstruit et transformé en prison et tribunal aux XVIIe–XIXe siècles.
La porte de l’Horloge, classée Monument Historique en 1913, est le vestige le plus emblématique du site. Son architecture carrée, inspirée des donjons philippiens (Louvre, Bourges), en fait un témoin des innovations militaires du XIIIe siècle. Les fossés environnants, comblés au XVe siècle, ont été aménagés en boulevards au XIXe siècle. Aujourd’hui, le château abrite un musée et se situe sur trois places centrales : place de la Halle, place du Châtelet et boulevard du Midi.
Dun-sur-Auron, stratégique dès l’Âge du fer, devient au Moyen Âge une place forte du domaine royal capétien. Ville limitrophe du Bourbonnais, elle est la 3e agglomération du Berry après Bourges et Issoudun. La via romana (Bourges–Lugdunum) traverse son territoire à l’époque gallo-romaine, soulignant son rôle de carrefour historique. Les fortifications circulaires, typiques de la région, reflètent son importance défensive.
Au XIe siècle, le château est la résidence des vicomtes de Dun, avant d’être intégré au domaine royal. Philippe Auguste y modernise les défenses en 1202–1203, répondant aux besoins de contrôle territorial. Les destructions partielles (tours abattues en 1700, porte Basse en 1786) et les réaffectations (prison, tribunal) illustrent son évolution fonctionnelle. Seuls subsistent aujourd’hui la porte de l’Horloge et des vestiges de courtines, témoins de son passé militaire et judiciaire.