Château de Farcheville à Bouville dans l'Essonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Farcheville

  • Farcheville
  • 91880 Bouville
Crédit photo : Crisbly - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1291
Construction initiale
1304
Consécration de la chapelle
1407
Changement de propriété
1567-1576
Saccages pendant les guerres
1578-1604
Restauration post-guerres
1637
Acquisition par Jappin
1741
Nouvelle acquisition
1858
Construction d'une remise
1899-1901
Restauration majeure
1947-1948
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures des communs, des remises et des écuries édifiées dans le fossé à l'est, du bâtiment d'habitation accolé au mur ouest du château et du colombier en bordure de la route d'Etampes à Fontainebleau : inscription par arrêté du 20 octobre 1947 - L'enceinte fortifiée ; la chapelle et la grange ; les façades et toitures du bâtiment principal élevé au-dessus du porche d'entrée, y compris la tour de l'escalier et le bâtiment renfermant la cuisine au nord de ce dernier ; les façades et toitures de la maison de Chapelain : classement par arrêté du 29 avril 1948

Personnages clés

Hugues II de Bouville Propriétaire initial du château, commanditaire de sa construction.
Maximilien Jappin Propriétaire du château à partir de 1637.
Vincent Michel Maynon Propriétaire du château à partir de 1741.
Alphonse Adam Architecte ayant conçu une remise à voitures en 1858.
Anjubert Architecte ayant dirigé des travaux de restauration au début du XXe siècle.

Origine et histoire du Château de Farcheville

Le château de Farcheville est une forteresse de plaine située à Bouville, dans l'ancienne province du Gâtinais, aujourd'hui département de l'Essonne en Île-de-France, à quarante-sept kilomètres au sud de Paris. Il se compose d'une vaste enceinte rectangulaire flanquée de tours d'angle, entourée de larges fossés autrefois remplis d'eau et couronnée d'un chemin de ronde crénelé. Les mâchicoulis sont portés par de grands arcs en tiers point bandés entre les contreforts, et la maçonnerie paraît avoir été destinée à être enduite. L'ensemble présente un parti d'ensemble curieusement irrégulier dans un espace sans contraintes, laissant supposer que l'effet monumental et symbolique a parfois primé sur l'efficacité militaire. L'entrée s'ouvre au milieu d'un des côtés dans un donjon rectangulaire, accolé à un pavillon du début du XVIIe siècle ; la tour et l'escalier à vis qui jouxtent le porche, plus élevés que le reste, donnent une idée de l'élévation d'origine avant les destructions révolutionnaires. À l'intérieur de l'enceinte se trouvent une salle seigneuriale, une grange aux dîmes, un fournil, une chapelle et un logis dit « la maison du chapelain » qui conservent encore des éléments des XIIIe et XIVe siècles. D'autres bâtiments — communs, colombier, remises, écuries et le logis sud-ouest — ont été plus fortement transformés entre le XVIe et le XIXe siècle. Jusqu'au XIXe siècle, l'enclos était divisé en deux : à l'ouest la cour d'honneur, occupant les deux tiers, avec le porche d'entrée, le corps de logis principal et la grande salle, la chapelle et les cuisines ; à l'est, le tiers restant était consacré aux activités agricoles et séparé par une barre de bâtiments. Selon une inscription signalée en 1667 et rapportée par dom Basile Fleureau, le château aurait été édifié pour Hugues II de Bouville en 1291, et la chapelle est citée dès 1321 ; la chapelle conservée, décorée de peintures murales et de lambris ornés d'anges musiciens, paraît dater du début du XIVe siècle et a été consacrée en 1304. Le domaine passa en 1407 par héritage à la branche de Châtillon-sur-Loing de la maison de Coligny, qui le conserva pendant plus de deux siècles. Pendant les guerres de Religion il fut pillé et saccagé à trois reprises entre 1567 et 1576 puis remis en état entre 1578 et 1604. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Farcheville entra dans le patrimoine de familles de robe : acheté en 1637 par Maximilien Jappin, il devint en 1741 la propriété de Vincent Michel Maynon. Sous la Révolution, environ la moitié des arcs de l'enceinte et une partie des créneaux furent démolis ; le pont-levis avait déjà disparu et les fossés étaient alors « cultivés ». Des travaux importants mais peu documentés eurent lieu dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment la construction en 1858 d'une remise à voitures sur des dessins de l'architecte étampois Alphonse Adam. À partir de 1899 une campagne de restauration d'ampleur reprit la totalité du mur d'enceinte, reconstruisit au moins trente-deux créneaux, refit les cintres et rhabilla la façade principale ; le chemin de ronde reposant sur des arcades date intégralement de 1900-1901 et des travaux de charpenterie et de ferronnerie furent réalisés sous la direction des architectes Anjubert et d'autres intervenants. Le château a été inscrit et classé au titre des monuments historiques dans les années 1947-1948 et a fait l'objet de restaurations importantes encore dans les années 1980. En l'absence de fouilles à l'intérieur et compte tenu des remaniements, il reste difficile d'établir une chronologie précise des différentes phases de construction, mais l'enceinte subsistante pourrait correspondre aux dimensions de la fin du XIIIe siècle. L'emploi du mâchicoulis sur arc, peu fréquent en Île-de-France, et la restitution de certains éléments au tournant du XXe siècle ont contribué à l'image médiévale que présente aujourd'hui le site.

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