Frise chronologique
1291
Fondation du château
Fondation du château
1291 (≈ 1291)
Construction par Hugues II de Bouville.
1304
Consécration de la chapelle
Consécration de la chapelle
1304 (≈ 1304)
Chapelle toujours visible aujourd’hui.
1567–1576
Pillages pendant les guerres de Religion
Pillages pendant les guerres de Religion
1567–1576 (≈ 1572)
Trois saccages sous la famille Coligny.
1578–1604
Restauration post-guerres de Religion
Restauration post-guerres de Religion
1578–1604 (≈ 1591)
Modernisation après les destructions.
1740
Destruction du pont-levis
Destruction du pont-levis
1740 (≈ 1740)
Remplacé par un pont fixe.
1899–1901
Grande campagne de restauration
Grande campagne de restauration
1899–1901 (≈ 1900)
Reconstruction des créneaux et murs.
1947–1948
Classement monument historique
Classement monument historique
1947–1948 (≈ 1948)
Protection des façades et enceinte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures des communs, des remises et des écuries édifiées dans le fossé à l'est, du bâtiment d'habitation accolé au mur ouest du château et du colombier en bordure de la route d'Etampes à Fontainebleau : inscription par arrêté du 20 octobre 1947 - L'enceinte fortifiée ; la chapelle et la grange ; les façades et toitures du bâtiment principal élevé au-dessus du porche d'entrée, y compris la tour de l'escalier et le bâtiment renfermant la cuisine au nord de ce dernier ; les façades et toitures de la maison de Chapelain : classement par arrêté du 29 avril 1948
Personnages clés
| Hugues II de Bouville - Fondateur et chambellan |
Commanditaire du château en 1291. |
| Famille de Coligny - Propriétaires (XVe–XVIIe siècles) |
Branche de Châtillon-sur-Loing, protestante. |
| Maximilien Jappin - Conseiller et secrétaire du roi |
Acquéreur en 1637. |
| Vincent Michel Maynon - Président au Parlement de Paris |
Propriétaire en 1741. |
| Alphonse Adam - Architecte (XIXe siècle) |
Auteur de la remise à voitures (1858). |
| Anjubert - Architecte (1900) |
Dirige les restaurations stylistiques. |
Origine et histoire
Le château de Farcheville, situé à Bouville en Essonne, est une forteresse de plaine édifiée à partir de 1291 par Hugues II de Bouville, chambellan de Philippe le Bel. Son inscription sur la porte du logis, encore visible en 1667, atteste cette fondation. La chapelle, datée du début du XIVe siècle, conserve des peintures murales et des lambris ornés d’anges musiciens, témoignant de son usage religieux précoce.
Entre 1407 et le XVIIe siècle, le domaine passe aux mains de la famille protestante de Coligny, branche de Châtillon-sur-Loing, qui le possède pendant deux siècles. Le château subit trois pillages pendant les guerres de Religion (1567–1576), puis est restauré entre 1578 et 1604. Au XVIIe siècle, il est acquis par des familles de robe, comme les Jappin et les Maynon, avant de subir des destructions partielles sous la Révolution française, notamment la démolition de la moitié des arcs de l’enceinte.
Au XIXe siècle, des travaux de restauration transforment le château pour lui redonner un aspect médiéval, avec la reconstruction de créneaux, la réfection des murs d’enceinte (1899–1901), et l’ajout d’un chemin de ronde sur arcades. Classé monument historique en 1948, il bénéficie de nouvelles campagnes de restauration dans les années 1980. Son architecture mêle des éléments défensifs (douves, tours d’angle) à des espaces seigneuriaux et agricoles, reflétant son évolution à travers les siècles.
L’enceinte rectangulaire, entourée de fossés et flanquée de tours, illustre un parti architectural irrégulier, où l’esthétique monumentale semble avoir primé sur l’efficacité militaire. À l’intérieur, subsistent une salle seigneuriale, une grange aux dîmes, une chapelle (consacrée en 1304), et un logis du XIIIe siècle, tandis que d’autres bâtiments, comme les communs et le colombier, ont été remaniés jusqu’au XIXe siècle. Le pont-levis, remplacé par un pont fixe en 1740, marque aussi cette adaptation continue.
Les sources historiques, comme les Antiquités du Duché d’Étampes (1683) de dom Basile Fleureau, soulignent son importance dans le Gâtinais. Les études modernes (Jean Mesqui, 1988) et les restaurations récentes ont permis de préserver ce témoignage rare de l’architecture castrale en Île-de-France, entre héritage médiéval et transformations postérieures.