Origine et histoire du Château de Faverges
Le château de Faverges, mentionné dès le XIIe siècle, était initialement une possession des sires de Faverges, puis des comtes de Genève. Au XIIIe siècle, il passe sous la suzeraineté des comtes de Savoie après son rachat par Amédée V en 1316. Situé à la frontière des comtés de Savoie et de Genève, il jouait un rôle stratégique dans les conflits régionaux, notamment lors de la prise de contrôle du Faucigny en 1355.
Au XVe siècle, le château est reconstruit et donné en apanage aux cadets de la Maison de Savoie. En 1501, Philibert II de Savoie tente de le vendre à François de Luxembourg, mais la transaction est annulée. Il change plusieurs fois de mains, notamment en 1571, quand Emmanuel Philibert de Savoie le cède à Louis Milliet, fondant la famille Milliet de Faverges, qui le conserve jusqu’à la Révolution.
En 1600, Henri IV y séjourne lors de la guerre franco-savoyarde. Au XIXe siècle, le château devient une usine de soierie jusqu’en 1976, après avoir servi d’hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale. Rachat par la commune en 1980, il est transformé en maison familiale de vacances, puis en 2017, en lieu d’événements privés sous la gestion d’Alexandra et Maximilien Genèvre.
Le donjon, haut de 32 mètres, est typique de l’architecture castrale savoyarde du XIIIe siècle. Ses fondations, datant du XIIe siècle, ont été remaniées en 1250. En 2006-2007, il subit une restauration majeure, incluant un escalier de 144 marches et un hourd offrant une vue panoramique. Le site abrite aussi des nids de faucons crécerelles et des nichoirs pour martinets.
Le château était le centre d’une châtellenie relevant du bailliage de Savoie. Les châtelains, officiers nommés pour une durée définie, géraient les revenus fiscaux et l’entretien du château. Cette organisation reflétait l’administration féodale savoyarde, où les châtellenies jouaient un rôle clé dans le contrôle territorial et économique.
Propriété successive des familles de Faverges, de Savoie, de Luxembourg, puis des Milliet, Duport et Stünzi, le château illustre les mutations politiques et économiques de la Savoie, passant d’une forteresse médiévale à un site industriel, avant de retrouver une vocation patrimoniale et touristique.