Origine et histoire du Château de Faÿ-lès-Nemours
Le château de Faÿ-lès-Nemours, situé dans la commune du même nom en Seine-et-Marne, possède une origine médiévale attestée par des donations au prieuré de Néronville et des actes seigneuriaux. Des documents citent Foulques de Faÿ à la fin du XIe siècle, une dame Ermengarde au début du XIIe siècle, puis des transactions aux XIIIe et XIVe siècles, notamment une terre donnée par Philippe IV le Bel à Étienne de la Hie. À la fin du Moyen Âge, la terre de Faÿ passe dans la maison de Reilhac puis, par alliances et successions, à la famille Barton au XVe siècle. En 1444, Perrette Le Fèvre apporte la terre et le château de Faÿ en dot à Pierre Barton ; ses descendants étendent et gèrent la seigneurie, comme l'attestent de nombreux actes et aveux conservés. Le domaine reste aux Barton au XVIe siècle, plusieurs membres de la famille se déclarant seigneurs de Faÿ et y faisant établir des tombeaux et testaments. Après quelques successions, la seigneurie passe en 1564 de la veuve de Jean Barton à Charles de Poussard, puis est vendue en 1573 à la veuve de Michel de l'Hospital. La fille du chancelier, Madeleine de l'Hospital, transmet ensuite la propriété aux Hurault de l'Hospital, dont les fils porteront le titre de seigneur de Faÿ. Au XVIIe siècle, le domaine est cédé en 1637 à dame Jeanne de Santeny, qui laisse des dettes, puis en 1650 le château est acquis par Jacques de Rougé, futur marquis du Plessis-Bellière. Par lettres patentes de 1652 la seigneurie est élevée en marquisat au profit de Jacques de Rougé ; le château est embelli sous la famille du Plessis-Bellière et la marquise y fréquente Nicolas Fouquet. Des descriptions anciennes indiquent que le bâtiment comportait fossés, hautes murailles et tours carrées, ainsi qu'une cour basse et une cour haute entourée de bâtiments. Peu de temps après la Révolution, le corps principal — qui abritait le logement du seigneur, salon, salle à manger, bureau et chambre — est détruit ; l'aile sud, comprenant une grande galerie construite en 1678, était en ruine en 1806. Au XVIIIe siècle, le marquisat reste dans la famille de Rougé jusqu'à la Révolution, puis, en 1795, les biens sont vendus comme biens nationaux. Des plans d'intendance et des schémas conservés aux Archives nationales restituent le parc et l'organisation du château aux XVIIe et XVIIIe siècles. Du parc d'origine il ne subsiste que les contours et l'empreinte de quelques allées ; des quatre tours d'angle, une seule subsiste au nord‑ouest. Le colombier n'apparaît pas sur les plans de 1785 mais il est mentionné dans l'acte de vente des biens nationaux à François Richard. Au début du XIXe siècle, le domaine passe entre plusieurs mains, dont François Richard‑Lenoir, puis il est acquis pour le compte d'Anathase de Givry ; celui‑ci fait évacuer les pierres de la galerie en ruine. En 1810, la propriété est vendue à Antoine Ratier puis transmise à ses descendants ; elle est revendue en 1882 à André Ouvré. La façade et la charpente ont été modifiées au XIXe siècle, des fenêtres y ayant été créées en réutilisant des éléments de la partie détruite. Au XXe siècle, le château a été occupé par les Allemands qui y installèrent une Kommandantur, puis racheté plus récemment par le ministère de la Justice pour héberger l'encadrement d'un internat voisin. Les bâtiments ont souffert de dégradations : la charpente était abîmée et les pièces vides lors du rachat par l'actuel propriétaire ; environ un tiers des constructions d'origine est conservé. Le château, propriété privée, est inscrit au titre des monuments historiques en 1991 et ne se visite pas ; son parc a été morcelé et seule l'emprise de l'ancien parterre est préservée. En 2014, le château a été proposé à la vente sur un site immobilier.