Frise chronologique
vers 958
Première mention d'une place forte
Première mention d'une place forte
vers 958 (≈ 958)
Flodoard évoque une place forte à Fère.
1206-1260
Construction de la forteresse
Construction de la forteresse
1206-1260 (≈ 1233)
Bâtie par Robert II de Dreux et ses successeurs.
1298
Échange avec Gaucher V de Châtillon
Échange avec Gaucher V de Châtillon
1298 (≈ 1298)
Guy de Lusignan cède Fère contre Frontenay.
1392
Vente au duc Louis Ier d'Orléans
Vente au duc Louis Ier d'Orléans
1392 (≈ 1392)
Intègre la maison d’Orléans puis Valois-Angoulême.
1528
Don à Anne de Montmorency
Don à Anne de Montmorency
1528 (≈ 1528)
François Ier offre le château pour son mariage.
1552-1562
Construction du pont-galerie Renaissance
Construction du pont-galerie Renaissance
1552-1562 (≈ 1557)
Œuvre de Jean Bullant et Jean Goujon.
1560
Construction du pont Renaissance
Construction du pont Renaissance
1560 (≈ 1560)
Ajouté par Anne de Montmorency, attribué à Bullant.
1636
Confiscation après l'exécution d'Henri II de Montmorency
Confiscation après l'exécution d'Henri II de Montmorency
1636 (≈ 1636)
Transfert aux princes de Condé.
1779
Démolition partielle
Démolition partielle
1779 (≈ 1779)
Ordonnée par Philippe Égalité, vente des matériaux.
1793
Vente aux enchères des ruines
Vente aux enchères des ruines
1793 (≈ 1793)
Dispersées par les créanciers du duc d’Orléans.
1862
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
1862 (≈ 1862)
Protection partielle des vestiges du château.
1994
Inscription complémentaire
Inscription complémentaire
1994 (≈ 1994)
Basse-cour et éléments architecturaux protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges du château : classement par liste de 1862 - Basse-cour du château : façades et toitures de l'ensemble des bâtiments, pavillons et tour de l'avant-cour et de la basse-cour, y compris l'hôtellerie, à l'exception des adjonctions du XXe siècle ; ancienne porte de l'avant-cour, côté sud-est ; ensemble des murs de clôture et de soutènement de l'avant-cour et de la basse-cour ; ensemble des sols archéologiques de l'avant-cour et de la basse-cour (cad. A 46, 1970) : inscription par arrêté du 19 avril 1994
Personnages clés
| Robert II de Dreux - Constructeur de la forteresse |
Entreprit les travaux entre 1206 et 1260. |
| Gaucher V de Châtillon - Connétable et acquéreur |
Reçut Fère en échange en 1298. |
| Louis Ier d'Orléans - Duc et propriétaire |
Acheta Fère en 1392 pour la maison d’Orléans. |
| Anne de Montmorency - Connétable et rénovateur |
Transforma le château, ajoutant le pont Renaissance. |
| Jean Bullant - Architecte attribué |
Conçut le pont couvert vers 1560. |
| Jean Goujon - Sculpteur |
Auteur des décors du pont-galerie. |
| Louise de Savoie - Propriétaire au XVIe siècle |
Offrit Fère à Anne de Montmorency en 1528. |
| Philippe Égalité - Duc d’Orléans |
Ordonna la démolition partielle en 1779. |
| Robert Ier de Dreux - Seigneur et acquéreur |
Acheta la terre de Fère fin XIIe siècle. |
| Guy de Lusignan - Propriétaire au XIIIe siècle |
Échangea Fère contre Frontenay en 1298. |
Origine et histoire
Le château de Fère-en-Tardenois, situé dans le département de l’Aisne en région Hauts-de-France, est un ancien château fort dont les vestiges datent principalement des XIIIe et XVIe siècles. Construit à partir de 1206 par Robert II de Dreux, comte de Braine, il fut érigé sur une motte artificielle haute de 18 mètres, entourée d’une enceinte heptagonale flanquée de sept tours cylindriques. Ce site stratégique, mentionné dès 958 par Flodoard comme une place forte, devint un modèle architectural pour les forteresses médiévales de son époque.
Au XIIIe siècle, le château fut bâti en pierre calcaire, avec des tours aux assises en forme de "dents d’engrenage", une particularité unique. Il passa entre les mains de plusieurs familles nobles, dont les Dreux, les Châtillon, et les Montmorency. En 1298, Gaucher V de Châtillon en devint propriétaire par échange avec Guy de Lusignan, avant d’être vendu en 1392 à Louis Ier d’Orléans, intégrant ainsi le domaine des Valois-Angoulême.
Au XVIe siècle, le connétable Anne de Montmorency, compagnon de François Ier, entreprit d’importantes transformations. Entre 1552 et 1562, il fit construire un pont-galerie Renaissance de 60 mètres, attribué à l’architecte Jean Bullant et au sculpteur Jean Goujon. Ce pont, inspiré des dispositions de Chenonceau, reliait la motte à la basse-cour et abritait une galerie de service et une salle de réception. Les logis médiévaux furent reconstruits ou modifiés, mais seuls les murs extérieurs du château originel subsistèrent.
Le château connut un déclin progressif à partir du XVIIe siècle. Après la décapitation d’Henri II de Montmorency en 1636, il passa aux princes de Condé, puis aux Conti, avant d’être partiellement démoli en 1779 par Philippe Égalité, duc d’Orléans. Les matériaux et meubles furent vendus, et les ruines restantes furent acquises par le conseil général de l’Aisne au XXe siècle. Aujourd’hui, le site, classé monument historique dès 1862, se compose d’une enceinte en ruine, d’un pont-galerie emblématique, et d’une forêt domaniale de 250 hectares, ancienne réserve de chasse.
L’architecture du château de Fère-en-Tardenois illustre une transition entre le Moyen Âge et la Renaissance. Son enceinte heptagonale, ses tours aux assises dentelées, et son pont-galerie en font un témoignage rare de l’évolution des techniques militaires et esthétiques. Les vestiges, protégés et partiellement restaurés, offrent un aperçu de son passé prestigieux, marqué par des figures comme Louise de Savoie, François Ier, et Anne de Montmorency.