Origine et histoire du Château de Ferrières
Le château de Ferrières, situé à Sérignac dans le Lot, est un édifice du 4e quart du XVIIIe siècle, érigé sur les fondations d’un ancien château médiéval. Sa construction, initiée en 1775 par Vincent-Sylvestre de Timbrune, comte de Valence et maréchal de camp, fut interrompue par la Révolution française en 1789. Le projet visait à remplacer un vieux repaire délabré, mais les travaux cessèrent après la mort de son commanditaire en 1795, laissant le château inachevé et partiellement abandonné.
Avant le XVIIIe siècle, la seigneurie de Ferrières appartenait à la famille Ramond depuis 1464, date à laquelle Pierre Ramond de Folmont, sénéchal d'Agenais et de Quercy, en fit l’acquisition. Le fief changea de mains en 1646, passant à Sylvestre Dubruelh, lieutenant du roi à Perpignan, qui l’éleva au rang de marquisat. Sa fille, Anne Dubruelh, épousa Aimery de Timbrune, marquis de Valence, dont la lignée conservait encore les terres au moment de la construction du nouveau château.
Après la Révolution, le château, saisi comme bien d’émigré, fut récupéré par Jean-Baptiste Cyrus de Timbrune, fils du comte de Valence et général des armées de la République. Malgré son retour d’exil et sa nomination comme sénateur sous l’Empire, il ne reprit pas les travaux. Le château, en mauvais état, fut finalement vendu en 1834 par les héritières du général à Pierre Monmayou, beau-frère du maréchal Bessières. Deux campagnes de restauration eurent lieu, la première jusqu’en 1891, et la seconde après 1918.
Architecturalement, le château mêle des éléments classiques du XVIIIe siècle — façades ordonnancées, salon à ordonnance ionique, cheminées Louis XV — et des vestiges médiévaux, comme deux tours subsistantes aux angles nord de la cour. Les façades et toitures, protégées depuis 1960, témoignent de cette dualité historique entre un projet ambitieux avorté et un patrimoine médiéval réinvesti.
Le site, aujourd’hui classé monument historique, illustre les transitions entre Ancien Régime et époque contemporaine, marquées par les aléas politiques et les recompositions familiales. Son histoire reflète aussi les dynamiques locales du Quercy, entre noblesse terrienne, engagements militaires et héritages architecturaux.