Patrimoine classé
Parcelles (cad. AB 170, 171) : inscription par arrêté du 19 mai 1925 ; Château, y compris les cheminées Renaissance, les vestiges de l'enceinte et le sol des cours (à l'exception des parcelles AB 166, 168, 170, 171) (cad. AB 135 à 146, 148 à 151, 153, 154, 156 à 158, 167, 169, 172, 173, 182) : classement par arrêté du 10 mai 1988
Personnages clés
| Guillaume de Guilhot - Chef protestant et seigneur |
Fortifie le château au XVIe siècle |
| Henri IV - Roi de France (alors roi de Navarre) |
Y fait halte en 1585 |
| Armand Thomas Hue de Miromesnil - Garde des sceaux |
Son fils emprisonné au château |
| Marguerite Guilhot - Héritière de la seigneurie |
Épouse Michel Bayard en 1566 |
| Pierre III de Bayard - Dernier seigneur Bayard |
Loue le château en 1685 |
Origine et histoire du Château de Ferrières
Le château de Ferrières, situé dans la commune éponyme en Occitanie, est un édifice fortifié dont les origines remontent au XIe siècle, avec des voûtes antérieures à cette période. Profondément remanié au XVIe siècle par Guillaume de Guilhot, chef protestant pendant les guerres de Religion, il devient une forteresse majeure de la région. Le futur Henri IV y aurait fait halte en 1585, soulignant son importance stratégique.
En 1708, le château est acquis pour servir de prison, abritant des détenus par lettre de cachet, dont le fils du garde des sceaux Armand Thomas Hue de Miromesnil. Pendant la Révolution, ses tours sont partiellement détruites (1793), mais le logis est préservé. La structure hexagonale irrégulière, flanquée de tours, conserve une façade Renaissance richement sculptée, avec des fenêtres à meneaux et des cheminées décorées.
La seigneurie de Ferrières, mentionnée dès 1276, passe entre les mains de familles comme les Taillefer (XIIIe siècle) ou les Guilhot, qui en font un bastion protestant. Au XVIIIe siècle, il est transformé en caserne puis en prison, avant d’être vendu comme bien national en 1796. Des restaurations ultérieures, notamment par l’association Ferrières-Renaissance, permettent sa préservation. Un musée du protestantisme y fut installé en 1968, grâce à des dons locaux.
L’architecture mêle des éléments médiévaux (voûtes anciennes) et Renaissance (escalier sculpté, pilastres superposés dorique/ionique/corinthien). La porte cintrée de la façade, ornée de bucranes et rosaces, témoigne de son faste passé. Les conflits religieux et les transformations carcérales ont marqué son histoire, reflétant les bouleversements politiques de la région.
Aujourd’hui, le château, classé Monument Historique (1925 et 1988), est un témoignage des luttes entre catholiques et protestants, ainsi que des mutations carcérales sous l’Ancien Régime. Son plan en U irrégulier et ses tours partiellement conservées rappellent son rôle défensif, tandis que ses décors intérieurs (cheminées, escalier) illustrent l’art Renaissance méridional.