Origine et histoire du Château de Fervaques
Le château de Fervaques, aussi appelé domaine de Fervaques ou château le Kinnor, est une demeure située sur les anciennes communes de Fervaques et Cheffreville-Tonnencourt, dans le Calvados. Construit principalement aux XVIe et XVIIe siècles, il a été remanié au XIXe siècle, notamment ses intérieurs. Le château est partiellement classé au titre des monuments historiques.
À l’origine, Fervaques était un fief médiéval dépendant de la baronnie d'Auquainville. Au XVIe siècle, Jean de Hautemer, seigneur des lieux, épouse Anne de La Baume-Montrevel. Leur fils, Guillaume de Hautemer (1538–1613), maréchal de France et duc de Grancey, fait ériger le château actuel entre 1595 et 1602 près d’un vieux manoir gothique familial. L’architecte François Gabriel, déjà réputé pour ses travaux au château de Carrouges, dirige les travaux. Henri IV y aurait séjourné en 1590 lors du siège de Lisieux, pendant la 8e guerre de Religion.
À la mort de Guillaume de Hautemer en 1613, le château passe à sa fille Louise, mariée à Aymar II de Prie, marquis de Toucy. Le domaine reste dans la famille de Prie puis, par alliance, dans celle des Bullion, avant d’être vendu en 1802 à Delphine de Sabran, veuve du marquis de Custine, proche de Chateaubriand qui y séjourne à plusieurs reprises. Au XIXe siècle, le marquis de Portes modifie l’entrée du château, et en 1921, il est acquis par Michel Dassonville, industriel du Nord.
L’édifice conserve des éléments médiévaux comme une tour carrée, une porterie avec pont-levis et un logis du XVe–XVIe siècle. Le château actuel, composé de deux pavillons encadrant un logis à façade en bossages, illustre la transition entre l’architecture gothique et classique. Le parc, classé avec le château en 1995, abrite des arbres remarquables, dont un platane quinquencentenaire.
Après la Seconde Guerre mondiale, le château est transformé en centre aéré dans les années 1960, puis en centre d’accueil pour personnes handicapées et valides depuis 1982, géré par l’association Kinnor. Un cambriolage en 1934 y avait volé 15 000 francs d’argenterie. Le domaine, avec ses douves et son système hydraulique, reste un témoignage majeur de l’art de bâtir en Normandie à l’aube de l’âge classique.