Origine et histoire du Château de Feusse
Le château de Feusse, à Saint-Just-Luzac (Charente-Maritime), s'ouvre par un portail à fronton qui donne accès à une cour carrée entourée de communs. Au fond de la cour se dresse le logis principal, flanqué d'une tour polygonale abritant un escalier à vis qui mène aux combles. Les boiseries peintes du salon, réalisées par F. Roy et datées de 1699, représentent des paysages à l'italienne, des scènes de batailles et des allégories traitées en camaïeu gris et bland ; seul le plafond figure le Temps en couleurs.
Le fief de Feusse, autrefois appelé Chardes, était un dénombrement de la terre des Bernardières, mentionnée dès le Moyen Âge. Vers 1600, le fief est acquis par le riche marchand protestant Jean Jousselin, qui entreprend, à partir d'avril 1612, la reconstruction et l'élévation du logis ; il meurt en septembre 1613 et ses héritiers font estimer les bâtiments et les matériaux laissés pour achever la tour d'escalier. La seigneurie revient ensuite à des membres de la famille Jousselin : Benjamin Jousselin, puis Jeanne Jousselin, épouse d'Abel Valland, puis à leurs nièces Jehanne, épouse d'André de La Cour, seigneur de Pernan, et Marie Jousselin, mariée au pasteur Jean Bernon, docteur en théologie issu d'une famille de négociants de La Rochelle. En 1678, un procès-verbal constate l'état de vétusté du logis ; après un accord notarié de 1688, Marie Jousselin et Jean Bernon deviennent détenteurs du logis.
Après avoir abjuré la religion prétendue réformée à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, Jean Bernon fait allonger le logis vers le nord, édifier le portail monumental ouvrant sur la cour d'honneur et aménager terrasses et jardins ; il fait également construire une petite chapelle dans un angle des murs de clôture, bénie avec l'autorisation de l'évêque de Saintes le 29 juillet 1710. Jean Bernon meurt peu après et la terre de Feusse revient en 1712 à Esther Gabiou, épouse d'Étienne Chassériau, nièce de sa seconde épouse. Le domaine reste aux Chassériau jusqu'en 1791, année de son acquisition par Pierre Garesché, puis passe en 1816 à Gabriel Bergerat.
La porte cochère d'entrée, les façades et toitures sur cour, le vestibule d'entrée et le salon avec leurs boiseries peintes sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du 16 janvier 1989, tandis que la chapelle est inscrite par arrêté du 11 octobre 1984.