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Château de Feusse à Saint-Just-Luzac en Charente-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Feusse

    Route de Feusse
    17320 Saint-Just-Luzac
Propriété privée
Crédit photo : Ray Ok - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1600
Acquisition par Jean Jousselin
1612-1613
Reconstruction du logis
1688
Transmission à Jean Bernon
1699
Peintures des boiseries
29 juillet 1710
Bénédiction de la chapelle
1984-1989
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le portail d'entrée ; les façades et toitures sur cour ainsi que le vestibule et le salon contigü avec le décor de boiseries peintes du corps de logis principal (cad. E 1317, 1306, 1307) : classement par arrêté du 11 octobre 1984, modifié par arrêté du 16 janvier 1989 - La chapelle isolée dans le parc du château (cad. E 1215) : inscription par arrêté du 11 octobre 1984, modifié par arrêté du 16 janvier 1989

Personnages clés

Jean Jousselin - Marchand protestant et propriétaire Acheteur du fief, initiateurs des travaux en 1612.
Jean Bernon - Pasteur converti et seigneur Agrandit le logis et construit la chapelle.
Marie Jousselin - Héritière et épouse de Jean Bernon Copropriétaire après l’accord de 1688.
F. Roy - Peintre des boiseries Auteur des décors intérieurs datés de 1699.
Esther Gabiou - Héritière des Chassériau Propriétaire après la mort de Jean Bernon.

Origine et histoire

Le château de Feusse, situé à Saint-Just-Luzac en Charente-Maritime, trouve ses origines dans un fief médiéval nommé Chardes, rattaché à la terre des Bernardières. Vers 1600, le riche marchand protestant Jean Jousselin acquiert ce fief et entreprend, dès 1612, la reconstruction du logis. À sa mort en 1613, ses héritiers poursuivent les travaux, mais le bâtiment tombe en mauvais état au fil des décennies. Le fief passe entre les mains de ses descendants, dont Benjamin Jousselin et Jeanne Jousselin, épouse d’Abel Valland, avant d’être partagé entre leurs nièces, Jehanne et Marie Jousselin.

En 1678, un procès-verbal atteste de la dégradation du logis. Après un accord en 1688, Marie Jousselin et son époux, le pasteur Jean Bernon, en deviennent propriétaires. Bernon, issu d’une puissante famille de négociants rochelais et converti au catholicisme après la révocation de l’édit de Nantes, agrandit le logis vers le nord, érige un portail monumental et aménage des jardins. Pour marquer sa conversion, il fait construire une chapelle, bénie en 1710 par l’évêque de Saintes. À sa mort en 1711, le domaine passe à sa nièce Esther Gabiou, épouse d’Étienne Chassériau, puis à des familles protestantes locales jusqu’au XIXe siècle.

L’architecture du château se distingue par son portail à fronton, ses façades classées, et un intérieur orné de boiseries peintes par F. Roy en 1699, représentant des paysages, batailles et allégories. La chapelle, isolée dans le parc, et les éléments du logis (vestibule, salon) sont protégés au titre des Monuments Historiques depuis 1984 et 1989. Le site illustre ainsi les transformations d’un domaine seigneurial entre Renaissance et époque classique, marqué par les tensions religieuses de l’époque.

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