Origine et histoire du Château de Fiches
Le château de Fiches, à cheval sur Verniolle et Varilhes en Ariège, est une demeure privée dont l’histoire remonte à la fin du XVIe siècle. Originellement acquis par Jean de Roubert (ou Robert), conseiller au parlement de Toulouse et juge-mage du comté de Foix, le domaine passe entre les mains de sa famille jusqu’au XVIIIe siècle. En 1631, la métairie est brièvement occupée par les troupes huguenotes du baron de Léran, reflétant les tensions religieuses de l’époque. Le château actuel, construit principalement aux XVIIe et XVIIIe siècles, conserve des traces de son premier logis (vers 1600) et d’une tour carrée défensive, aujourd’hui partiellement masquée par des ajouts du XIXe siècle.
Au XVIIIe siècle, le château est racheté par Joseph Faure, président du présidial de Pamiers, qui modernise les façades et les intérieurs. Son descendant, Jean Joseph Adrien Fauré de Fiches (1775–1858), auditeur de Lamarck et conseiller général, y ajoute une orangerie (1820) et aménage le parc. Les plafonds peints des salons, datés des XVIe–XVIIIe siècles, sont des joyaux artistiques : l’un représente un bestiaire fantastique unique en demeure privée, l’autre des paysages encadrés. Ces éléments, ainsi que l’escalier en bois du XVe siècle, sont classés Monuments Historiques depuis 2005.
La bibliothèque du château abrite un herbier de 1801, œuvre de Joseph Adrien Fauré, élève de Lamarck, regroupant plus de 1 500 planches végétales régionales. Ce patrimoine scientifique et artistique témoigne de l’érudition des propriétaires, typique des honnêtes hommes de l’époque. Les gypseries néo-Rocaille du salon, aux armes des familles Faure et Simorre, ainsi que les aménagements des XVIIIe et XIXe siècles (cuisine, chambres, parc), illustrent l’évolution des goûts et des usages d’une résidence aristocratique en Occitanie.
Architecturalement, le château se compose d’un corps de logis central à deux étages, flanqué de deux ailes de communs encadrant une cour carrée. La façade postérieure, mieux préservée, révèle des dispositions d’origine comme une échauguette disparue. Le grand escalier à mur-noyau, aux marches en madriers et voûtes d’ogives, dessert des étages où subsistent des décors peints masqués ou restaurés. Les dépendances (chai, pigeonnier) et le parc, aménagés aux XVIIIe–XIXe siècles, complètent cet ensemble emblématique du patrimoine ariégeois.