Frise chronologique
990
Premier testament connu
Premier testament connu
990 (≈ 990)
Légation de la *villa* de Fitou par Adélaïde de Narbonne.
XIIe siècle
Construction du château
Construction du château
XIIe siècle (≈ 1250)
Période présumée de l’édification du *castrum*.
1503
Prise et incendie par les Espagnols
Prise et incendie par les Espagnols
1503 (≈ 1503)
Duc d’Albe s’empare de Fitou.
1635
Siège espagnol
Siège espagnol
1635 (≈ 1635)
Chute face à 14 000 soldats.
1789
Fin de la seigneurie d’Aragon
Fin de la seigneurie d’Aragon
1789 (≈ 1789)
Révolution française et abandon.
1948
Classement monument historique
Classement monument historique
1948 (≈ 1948)
Protection des ruines par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) (cad. C 181) : inscription par arrêté du 14 avril 1948
Personnages clés
| Adélaïde de Narbonne - Vicomtesse de Narbonne |
Lègue Fitou en 990 à Ermengaud. |
| Ermengaud de Narbonne - Seigneur de Treilles et Casouls |
Premier seigneur connu de Fitou. |
| Duc d’Albe - Général espagnol |
Prend et brûle le château en 1503. |
| Cardinal de Richelieu - Ministre de Louis XIII |
Déclare la guerre à l’Espagne (1635). |
| Famille d’Aragon - Derniers seigneurs |
Occupe le château jusqu’en 1789. |
Origine et histoire
Le château de Fitou, situé sur un site dominant le village, les étangs de Leucate et la mer, est mentionné dès 990 dans le testament de la vicomtesse Adélaïde de Narbonne. Celle-ci lègue alors la villa de Fitou à Ermengaud de Narbonne, dont la famille, portant le titre de seigneurs de Treilles et de Casouls, étend son influence sur un territoire de plus de trois mille hectares. Le site, désigné comme castrum dès 1271, devient un enjeu stratégique, souvent assiégé et reconstruit au fil des guerres, notamment lors des conflits avec l’Espagne ou pendant la croisade contre les Cathares.
Au XIIe siècle, le château, de forme quadrilatère, comprend une grande salle voûtée en berceau, percée d’archères courtes couvertes de dalles, et des défenses extérieures aujourd’hui arasées. Ses murs, en calcaire bleu local avec des chaînes d’angle en pierre blanche, abritent aussi une tour ronde et deux casemates voûtées. Le site subit de nombreux sièges : en 1503, le duc d’Albe y met le feu après sa prise ; en 1635, les Espagnols, forts de 14 000 hommes, s’en emparent sans résistance. La famille d’Aragon en reste seigneur jusqu’à la Révolution.
Après 1789, le château est pillé et brûlé en 1843, puis sert de carrière de pierre pour construire le village. Classé monument historique en 1948, il est racheté en 1972 par des antiquaires parisiens, les époux Gaillot, qui entreprennent une restauration approximative. Transformé en discothèque puis en musée, il est revendu en 2015 et n’est plus accessible au public. Ses ruines, inscrites aux sites naturels depuis 1942, témoignent d’une histoire mouvementée, entre conflits militaires et réutilisations successives.