Origine et histoire du Château de Flamarens
Le château de Flamarens, situé dans le Gers en région Occitanie, trouve ses origines au XIIIe siècle avec un castrum mentionné dès 1289. Ce site stratégique en Lomagne, ancienne vicomté de Gascogne, fut transformé en une forteresse résidentielle par les seigneurs locaux, notamment les familles Durfort et Grossoles. Le monument illustre la transition entre l'architecture défensive médiévale et les résidences aristocratiques de la Renaissance gasconne.
En 1466, Jean de Grossolles entreprend la construction d'un nouveau château sur les fondations du castrum, confiant les travaux au maçon limousin Jean de Cazanove. Le bail à besogne de 1469 détaille un paiement en nature (blé, vin, bétail) pour ériger un corps de logis et un donjon. En 1535, son fils Bernard agrandit l'édifice avec une tour massive de 12 mètres de diamètre, sous la direction de Georges Dauzière, autre artisan limousin. Ces transformations reflètent l'ascension sociale des Grossoles, famille influente de Guyenne.
Le XVIe siècle marque l'apogée du château, décrit en gascon comme « bèt dehore, bèt deguèns » (beau dehors comme dedans). La lignée des Grossoles, liée aux Bourbons par alliance en 1609, y réside jusqu'en 1878. Parmi ses membres notables, Herrard de Grossoles (évêque de Condom) achève l'église voisine en 1545, tandis que Renaud de Grossoles, sénéchal et chevalier du Roi, incarne leur pouvoir politique. La famille s'éteint sans héritier, entraînant la vente du château en 1882.
Au XXe siècle, le monument subit des dégradations majeures : abandonné dans les années 1920, partiellement détruit par un incendie en 1943, puis démantelé (cheminées, parquets vendus). Sauvé en 1963 par M. Coustaing, qui restaure une partie des toitures, il est racheté en 1983 par la famille Gadel. Aujourd'hui classé Monument Historique, il témoigne des techniques de construction médiévales et Renaissance, mêlant mâchicoulis, tours rondes et fenêtres transformées au XVIIIe siècle.
L'édifice combine des éléments défensifs (créneaux, chemin de ronde) et résidentiels (escalier à vis, salles voûtées). Son histoire reflète les mutations architecturales et sociales de la Gascogne, des vicomtes de Lomagne aux familles nobles comme les Galard-Magnas. La restauration récente vise à préserver ce patrimoine, symbole d'un âge d'or où Flamarens était un centre de pouvoir en Lomagne.
Le château s'inscrit dans un paysage rural marqué par l'agriculture céréalière (blé, maïs) et l'élevage, activités traditionnelles de la Lomagne. Son abandon au XIXe siècle illustre le déclin des résidences seigneuriales après la Révolution, tandis que sa sauvegarde actuelle souligne l'attachement local à ce patrimoine gascon, lié à des figures comme le poète Jasmin ou l'écrivain Pierre Benoit.