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Château de Flaugergues dans l'Hérault

Château de Flaugergues

    1744 Avenue Albert Einstein
    34000 Montpellier

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1696
Construction du château
1811
Changement de propriétaire
1942-1944
Réquisition par la Luftwaffe
1973
Héritage par Henri de Colbert
1986
Classement monument historique
2004
Label Jardin remarquable
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Étienne de Flaugergues (1655-1741) - Conseiller à la Cour des Comptes Fondateur et premier propriétaire du château
Jacques-Joseph de Boussairolles (1741-1814) - Propriétaire en 1811 Agrandi le domaine avec La Mogère
Baron René de Saizieu (1898-1972) - Officier et propriétaire Château réquisitionné pendant sa captivité
Comte Henri de Colbert - Héritier en 1973 Restructura le vignoble et créa le caveau
Diane de Montbron - Artiste peintre Auteur des décors de la chambre de l’Aigle (1990)
Jean-Louis Guyon - Sculpteur Auteur des statues *La Paix* et *L’Abondance* (1728)

Origine et histoire

Le château de Flaugergues, situé à Montpellier dans l’Hérault, est une folie (résidence de plaisance) construite à la fin du XVIIe siècle, en 1696. Classé monument historique, il appartient toujours à la famille de Colbert et abrite aujourd’hui une exploitation viticole en milieu urbain. Son architecture, inspirée des villas italiennes, se distingue par ses façades en pierre de taille, ses toits ornés de tuiles vernissées du XVIIIe siècle, et ses jardins en terrasses.

Le domaine est acquis en 1696 par Étienne de Flaugergues (1655-1741), conseiller à la Cour des Comptes de Montpellier, qui l’embellit pendant près de 50 ans. Transmis par héritage, il passe en 1811 à Jacques-Joseph de Boussairolles, puis à la famille Barthélémy de Saizieu. Pendant la Seconde Guerre mondiale (1942-1944), le château est réquisitionné par la Luftwaffe, alors que son propriétaire, le baron René de Saizieu, est prisonnier en Allemagne. À sa mort en 1973, son neveu, le comte Henri de Colbert, en hérite et modernise le vignoble.

L’intérieur du château révèle un escalier à clefs pendantes, sans pilier, et des salons meublés de pièces Louis XV et Louis XVI. Les murs abritent des tapisseries flamandes (1670) sur la vie de Moïse, une collection de porcelaines, et un rare zograscope (boîte d’optique du XVIIIe siècle). La chambre de l’Aigle, décorée en 1990 par Diane de Montbron, évoque la campagne d’Égypte de Napoléon. Le domaine conserve aussi des archives familiales classées, incluant des documents sur le baron Richard de Saizieu, capitaine de vaisseau sous l’Empire.

Les jardins, labellisés « Jardin remarquable » depuis 2004, mêlent styles français et anglais. Le jardin à la française, restauré au XXe siècle, compte 10 000 pieds de buis, tandis que le parc paysager, créé en 1847, abrite des palmiers rares comme un cocotier du Chili planté en 1874. Une ferme urbaine en permaculture, l’Oasis citadine, y a été installée en 2018. Le vignoble, attesté depuis l’époque gallo-romaine, produit des vins en AOP Languedoc et IGP Pays d’Oc, avec une cave éco-responsable construite en 2016.

Classé monument historique en 1986 (après une première inscription en 1949), le château et ses dépendances illustrent l’évolution d’une folie languedocienne en domaine viticole urbain. Il sert aussi de décor à des productions audiovisuelles, comme la série Ad Vitam Ad Mortem (2016).

Liens externes