Origine et histoire du Château de Fleurac
Le château de Fleurac, situé à Nersac en Charente, trouve ses origines dans une maison forte médiévale du XIIIe siècle, construite par des chevaliers locaux. Le site, jamais morcelé sur la rive sud de la Charente, suggère une propriété unifiée dès le XIe siècle, liée à un personnage influent. Les vestiges de cette époque incluent les fondations inférieures et un fossé défensif jamais inondé. Le château actuel, de style Renaissance, résulte d’une reconstruction majeure après les guerres de religion (XVIe siècle), qui l’avaient gravement endommagé.
Au XVIIe siècle, Léon Baudouin, héritier de la famille propriétaire depuis le XVe siècle, entreprend une reconstruction complète dans le style Henri IV : corps de logis central, pavillons latéraux, créneaux sur mâchicoulis et terrasses à balustrades. Ces éléments, inspirés des châteaux charentais comme Bourdeilles, sont aujourd’hui classés aux Monuments Historiques (1988). Le château passe ensuite entre les mains de familles nobles, dont les Baudouin jusqu’en 1695, puis les Guiton du Tranchard, avant de tomber en ruine au XVIIIe siècle.
Au XIXe siècle, le comte de La Laurencie acquiert Fleurac et y appose ses armes dans un vitrail de l’escalier Renaissance. Le château, vendu en 1940 à la société Gnome et Rhône, est racheté en 1946 par Valmy Chainier. Depuis 1998, la famille Mahy en assure la restauration, avec un projet en cours pour obtenir le label « Jardin remarquable ». L’édifice conserve des traces de chaque époque : moulures gothiques (XVe–XVIe), salon Louis XV, et douves creusées dans le roc.
L’architecture de Fleurac illustre l’évolution des demeures nobles charentaises, passant d’une forteresse médiévale à une résidence de plaisance Renaissance, puis à un château classique. Les terrasses offrent une vue exceptionnelle sur la vallée de la Charente, tandis que les éléments défensifs (fossés, mâchicoulis) rappellent son origine militaire. Les sources historiques, dont les archives départementales et les actes notariés, documentent précisément sa généalogie et ses transformations.
Les guerres de Religion (1562, 1568) marquent un tournant : le château, assiégé et pillé par les troupes protestantes de Condé et Coligny, nécessite une reconstruction presque totale. Les Baudouin, puis les La Laurencie, y ajoutent des éléments décoratifs (gypseries, balustres) reflétant les goûts des XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd’hui, Fleurac allie patrimoine architectural et histoire familiale, comme en témoigne la légende « Fleurac, toute notre jeunesse », gravée sur une image mortuaire du XXe siècle.