Origine et histoire du Château de Fleyriat
Le château de Fleyriat, situé à Viriat dans le département de l'Ain, se compose de deux parties distinctes : une ferme agricole datant de la fin du XVIIIe siècle et un château de style néo-Renaissance construit en 1867. La ferme, la plus ancienne, inclut des bâtiments comme la « maison carrée », l’orangerie (1803), des écuries, et un lavoir, tous organisés autour d’un axe central marqué par un portail dit « chinois ». Ces constructions, en moellons et briques, reflètent une architecture locale inspirée des XVIe et XVIIe siècles, avec des éléments comme des pilastres et des arcs en plein cintre.
Le parc, conçu par l’architecte Édouard Corroyer et le paysagiste Derussy, s’inspire des jardins pittoresques du XIXe siècle, avec des allées en pétales, une île accessible par une passerelle, et une végétation variée. Corroyer, élève de Viollet-le-Duc, a également dessiné le château, un rectangle simple flanqué de tourelles, avec une façade ordonnancée par des pilastres et des jeux de toiture. À l’intérieur, un couloir central dessert les pièces, et un escalier monumental mène à l’étage. Le domaine, inscrit aux monuments historiques depuis 2013, est partiellement accessible au public lors de visites guidées estivales et pendant les Journées du Patrimoine.
L’histoire du domaine remonte à 1747, avec un développement agricole progressif jusqu’au début du XIXe siècle. En 1862, un descendant du baron Loubat de Bohan, propriétaire des lieux, fait construire le château actuel par Corroyer. Ce dernier a conçu jusqu’aux détails intérieurs, intégrant des références architecturales classiques et néo-Renaissance. Le site conserve des traces de son passé agricole, comme les écuries avec leur mobilier d’origine, une sellerie, et un système d’irrigation historique. Les initiales « LB » (Loubat de Bohan) figurent encore sur le fronton de l’orangerie, rappelant l’héritage des anciens propriétaires.
Les matériaux utilisés, tels que les moellons, le silex, la pierre de Montmerle, et la brique, sont typiques de la région. Les bâtiments agricoles, couverts de vignes en espalier, illustrent une exploitation mixte, entre culture et élevage. Le domaine, avec ses murs de clôture, son portail d’entrée, et ses éléments maçonnés d’origine, forme un ensemble cohérent, protégé en totalité depuis 2013. Aujourd’hui, il témoigne à la fois de l’évolution architecturale des XVIIIe et XIXe siècles et de l’adaptation des espaces ruraux aux goûts aristocratiques de l’époque.