Origine et histoire du Château de Fourchaud
Le château de Fourchaud, situé dans la commune de Besson (Allier, Auvergne-Rhône-Alpes), est un exemple emblématique d’architecture défensive bourbonnaise des XIVe, XVe et XVIe siècles. Construit au milieu d’un creux bordant le ruisseau de Fourchaud, il était initialement entouré de douves sèches et en eau, probablement comblées au XVIIIe siècle. Ses éléments les plus marquants incluent un donjon massif, une basse-cour, une courtine ouest dotée d’une porte primitive protégée par un pont-levis, ainsi qu’un logis de deux étages surplombant des caves voûtées. À moins de 100 mètres à l’est, le Petit Fourchaud, un donjon aux loggias caractéristiques, aurait servi de tour de guet en communication avec d’autres sites locaux comme le couvent de Besson (aujourd’hui disparu) et le château de Rochefort.
Le nom Fourchaud viendrait de la fourche routière gallo-romaine reliant Bourges à Lyon ou Clermont-Ferrand, un carrefour stratégique. Les premières mentions du château remontent à 1351, lorsque Jean Mareschal en fait l’aveu. La seigneurie passe ensuite entre les mains de sa veuve, Péronnelle de Cieux (1470), puis de leur descendante Claude Mareschal, épouse d’Antoine Pungsat, chevalier du roi (1560). Au XVIIe siècle, la famille Hugon en devient propriétaire, avant que le marquis de Tilly n’en hérite en 1775. Aujourd’hui, le site appartient aux descendants de la maison de Bourbon-Parme, héritiers des Roussel de Tilly. Après une période d’abandon, une campagne de restauration est en cours, portée par des bénévoles et l’association Présence Bourbon, qui projette d’y installer un musée dédié à Anne de France, duchesse de Bourbon et régente du royaume.
La courtine ouest et la tour ronde ont été classées Monuments Historiques dès 1932, tandis que le jardin est inscrit à l’inventaire supplémentaire pour son potentiel label Jardin remarquable. En 2023, le Petit Fourchaud a été sélectionné pour le Loto du Patrimoine (mission Stéphane Bern), avec des travaux prévus pour sa charpente médiévale entre mars et juin 2004. Un marronnier tricentenaire, symbole du domaine, a été abattu par la tempête Joachim en 2011. Le château illustre ainsi l’évolution des forteresses féodales en résidence seigneuriale, tout en conservant des traces tangibles de son passé militaire et familial.