Origine et histoire du Château de Fresnois
Le château de Fresnois, situé à Montmédy dans le département de la Meuse (Grand Est), fut construit en 1618 par Mathieu d'Awans, lieutenant-gouverneur de la ville. Ce château, emblématique de l'architecture du XVIIe siècle, reflétait le prestige de ses propriétaires successifs, liés à l'administration militaire et à la noblesse locale. Son implantation au nord de la Meuse, près de la rivière Chiers, en faisait un point stratégique dans la région historique de Lorraine.
Au milieu du XVIIe siècle, la propriété passa à la famille de Reumont, qui en conserva la possession jusqu'au XIXe siècle. En 1874, Louis d'Ansan d'Egremont et son épouse Louise de Reumont abandonnèrent le vieux château pour en faire construire un nouveau en 1877, marquant une modernisation de la résidence. Cependant, après la Première Guerre mondiale, le baron d'Huart, nouveau propriétaire, décida de raser l'édifice d'origine en 1923, ne conservant que quelques éléments remarquables : l'orangerie du XVIIIe siècle, le portail d'entrée, une porte piétonne et les terrasses.
Les matériaux utilisés pour le château incluaient le calcaire, la pierre de taille et le moellon, avec une structure intérieure composée d'un sous-sol et de deux étages. Le toit, à longs pans, était caractéristique des constructions de l'époque. En 1990, les dépendances restantes, dont le portail du XVIIe siècle, le parc avec ses terrasses, escaliers et bassins, ainsi que la colonnade et l'orangerie, furent inscrits au titre des monuments historiques. Ces vestiges témoignent aujourd'hui de l'histoire architecturale et sociale de la région.
Le château de Fresnois illustre les transformations des résidences aristocratiques entre le XVIIe et le XIXe siècle, passant d'une forteresse symbolique à une demeure de plaisance, avant d'être partiellement détruite au XXe siècle. Son histoire reflète les évolutions politiques et culturelles de la Lorraine, marquée par des changements de propriétaires et des adaptations architecturales.
L'orangerie, couverte d'ardoise, et les communs, avec leur toit de tuiles, rappellent l'importance des dépendances dans la vie quotidienne des châteaux. Le pigeonnier, avec son toit en pavillon, souligne quant à lui le rôle économique de ces domaines, où l'élevage et l'agriculture complétaient les revenus des nobles. Ces éléments, préservés malgré la destruction du corps principal, offrent un aperçu de la vie seigneuriale en Lorraine.
Aujourd'hui, le site du château de Fresnois, bien que partiellement disparu, reste un témoignage du patrimoine historique de la Meuse. Son inscription aux monuments historiques en 1990 a permis de protéger les vestiges encore debout, offrant aux visiteurs un lieu chargé d'histoire, entre architecture classique et paysages aménagés. La localisation du château, au chemin de Fresnois, en fait un point d'intérêt pour les amateurs de patrimoine rural et d'histoire locale.