Origine et histoire du Château de Frespech
Le château de Frespech, situé dans le village du même nom en Lot-et-Garonne, est mentionné pour la première fois en 1279 sous le nom de castrum de Fessopodio. Les premiers seigneurs connus, issus de la famille de Durfort, y exerçaient la justice seigneuriale dès le XIIIe siècle. Arnaud de Durfort, vicomte de Labourd, et ses descendants, fidèles aux rois d’Angleterre, fortifièrent le site, mais furent sanctionnés par les rois de France, comme en 1344 lorsque le domaine fut confisqué avant d’être rendu. Le château résista mal aux sièges, comme celui mené par le comte d’Armagnac en 1354.
Au XVe siècle, la seigneurie passa aux Montferrand, famille restée fidèle aux Anglais jusqu’en 1453. Bertrand Ier de Montferrand adapta les fortifications aux armes à feu, mais le château changea souvent de mains, notamment après la vente controversée par Charles II de Montferrand en 1572. Les guerres de Religion marquèrent durablement Frespech : occupé par les protestants en 1575, il fut assiégé sans succès par Blaise de Monluc. La famille de Montferrand conserva le domaine jusqu’en 1681, malgré des ventes temporaires et des dettes accumulées.
Au XVIIe siècle, Frespech devint la propriété des Gourdon de Genouillac par mariage, puis fut vendu au duc de Roquelaure en 1681, avant d’être acquis par la famille Raigniac jusqu’à la Révolution. Le dernier seigneur, Gaston-Jean-Baptiste-Joseph de Raigniac, fut guillotiné en 1794, et le château, vendu comme bien national, perdit une partie de son architecture (comme son escalier monumental démoli vers 1848). Classé monument historique en 1925, il ne subsiste aujourd’hui que des vestiges des fortifications médiévales et des remaniements des XVIe et XVIIIe siècles.
Les éléments architecturaux encore visibles incluent une échauguette du XVIe siècle percée de canonnières, une porte en plein cintre près de l’ancien château, et des traces des courtines adaptées aux couleuvrines. La porte de la barbacane, voûtée en berceau, et une niche de garde coulevrinier témoignent des adaptations militaires. Le corps de bâtiment le plus ancien, en moellon, présente des baies murées et une corniche moulurée, tandis qu’un bâtiment du XVIIIe siècle, anciennement écurie, complète l’ensemble.
Les seigneurs de Frespech, souvent impliqués dans les conflits régionaux, illustrent les tensions entre les royaumes de France et d’Angleterre, puis entre catholiques et protestants. La famille de Durfort, excommuniée pour des conflits de dîmes, céda progressivement la place aux Montferrand, dont certains membres, comme Guy de Montferrand, devinrent protestants et participèrent aux violences religieuses. La vente finale à la famille Raigniac marqua une période de stabilité relative jusqu’à la Révolution, où le château, symbole féodal, fut démantelé partiellement par les habitants.