Origine et histoire du Château de Fressac
Le château de Fressac, construit au XIIIe siècle, est un exemple typique de château de refuge médiéval. Situé sur la colline de Castellas à 340 mètres d'altitude, il mesure environ 40 mètres dans sa plus grande dimension. Ses ruines, visibles depuis Monoblet, Anduze et Saint-Hippolyte-du-Fort, révèlent des systèmes défensifs avancés : barbacane, poternes, bretèches, échauguettes et assommoir. L’enceinte, surélevée à deux reprises, et les trous de boulins témoignent de son évolution architecturale. Bien que propriété de la commune de Fressac, son accès est interdit depuis 2019 en raison de risques d'éboulement.
Selon les sources, le château aurait été bâti par les Bermond d’Anduze et de Sauve, une famille noble locale. La tradition évoque un séjour de Blanche de Castille, mère de Saint Louis, bien que cette information reste non confirmée. Au XVIIIe siècle, pendant la guerre des Camisards, il servit de refuge aux populations lors des attaques, comme celle de Sauve en décembre 1702. Le site, vendu en 1808 à Simon de Verdelhan, fut cédé symboliquement à la commune en 1992 par la famille de Verdelhan des Molles.
Le donjon, conservé sur trois niveaux, date probablement du début du XIIIe siècle. Construit en pierres à bossages, il présente une porte à tympan monolithe surmontée d’un arc plein cintre. L’esplanade intérieure, entourée d’un mur d’enceinte intact, est bordée d’un chemin de ronde doté d’embrasures de tir. Aucune tour ne flanque l’ensemble, mais des consoles indiquent la présence passée d’échauguettes. Deux salles voûtées subsistent, dont une ayant pu servir de citerne. Classé Monument Historique en 1992, le château illustre l’architecture défensive cévenole.
L’accès au château est strictement interdit depuis février 2019, après qu’une étude eut révélé un péril imminent lié à l’effondrement d’une voûte. Malgré son état, il reste un témoignage majeur du patrimoine médiéval du Gard. Les vestiges, bien que fragilisés, conservent des éléments architecturaux remarquables, comme le parapet du chemin de ronde et les systèmes de défense. La commune en est aujourd’hui propriétaire et veille à sa préservation, tout en limitant les risques pour les visiteurs.