Origine et histoire du Château de Froeschwiller
Le château de Froeschwiller, situé au 21 rue Principale à Froeschwiller (Bas-Rhin), est un édifice classé Monument Historique depuis 2009. Construit dans le dernier quart du XIXe siècle, il se distingue par son architecture éclectique : un corps principal à un étage avec des fenêtres à frontons sculptés, un balcon en fer forgé, et une tour octogonale coiffée d’une flèche. Une dépendance à toit à croupes et une loge de portier, ornée de médaillons aux initiales des propriétaires (Albert de Durckheim et Eugénie Haniel), complètent l’ensemble. La grille d’entrée, particulièrement ouvragée, intègre des motifs floraux et des volutes.
Le château actuel remplace une ancienne demeure seigneuriale attestée depuis le XIVe siècle, détenue par la famille Eckbrecht de Durckheim, vassale de l’évêque de Strasbourg. Vers 1850, Ferdinand de Durckheim, préfet du Haut-Rhin, fit reconstruire le château sous la forme d’une villa rectangulaire avec balcon. En 1890, son fils Albert, aidé de l’architecte munichois Emanuel von Seidl, entreprit une transformation majeure : ajout d’un toit brisé avec lucarnes, d’une tour-belvédère, et d’un second bâtiment relié par un passage en arc surbaissé. Les dépendances, datées de 1891, arbore les armoiries des Durckheim.
Après la Seconde Guerre mondiale, le domaine quitta la famille Durckheim-Holnstein (Eugénie Haniel, veuve d’Albert, s’étant remariée au comte de Holnstein) pour passer à des propriétaires privés. Le classement de 2009 protège l’intégralité du domaine : château, communs (chenil, bûcher, puits), parc paysager avec fabriques, et jardin potager avec ses serres. L’ensemble illustre l’évolution d’une résidence seigneuriale alsacienne, marquée par les influences architecturales allemandes de la fin du XIXe siècle.
Le site conserve des traces des aménagements successifs, comme les initiales des propriétaires sur la porte cochère ou les armoiries des Durckheim sur les dépendances. La famille, liée à Froeschwiller depuis le Moyen Âge, y a laissé une empreinte durable, mêlant héritage féodal et modernité bourgeoise. Aujourd’hui, le château reste un témoignage de l’histoire locale et de l’art de vivre des élites alsaciennes à la charnière des XIXe et XXe siècles.