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Château de Gachepouy dans le Gers

Gers

Château de Gachepouy

    Gachepouy
    32340 Castet-Arrouy

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
2000
XIVe siècle
Construction du château actuel
1579–1584
Reconstruction en résidence
1584
Toiture à quatre pentes
1601
Construction d’une tour-escalier
Début XXe siècle
Abandon et déclin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Anne d’Aydie - Baronne de Pordéac Reconstruit le château (1579–1584).
Gabriel Charles - Maître fustier (charpentier) Réalisa la toiture en 1584.
Jean Béraut de Bassabat-Pordéac - Seigneur de Gachepouy Propriétaire en 1607, fils de Bernard.
Catherine des Fontaines d’Hébrail - Épouse de Jean Béraut Commanditaire de la tour-escalier (1601).
Raymond Salles - Maître maçon Construisit la tour en 1601.

Origine et histoire

Le château de Gachepouy, aujourd’hui en ruines, est un édifice typique de l’architecture gasconne, implanté sur une motte circulaire à 175 m d’altitude, dominant la vallée de l’Auroue. Son nom, issu du gascon gachar (guetter) et pouy (hauteur), reflète sa fonction originelle de poste de surveillance plutôt que de forteresse militaire. Situé entre Lectoure et Miradoux, il marque un point de repère pour les pèlerins du GR 65, sur la Via Podiensis menant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Un premier château d’époque indéterminée précède l’édifice actuel, élevé au XIVe siècle avec des caractéristiques défensives limitées : absence de défenses extérieures et rez-de-chaussée hermétique. Au XVIe siècle, des aménagements ajoutent des bouches à feu, tandis qu’une reconstruction presque totale entre 1579 et 1584, initiée par Anne d’Aydie (baronne de Pordéac), transforme le château en résidence. En 1584, le charpentier Gabriel Charles y installe une toiture à la mode de France, à quatre pentes, une rareté locale.

Le château change de mains entre les familles nobles : les de Galard, de Bassabat, La Balu, puis Bonnefond, avant de passer aux Coquet de Saint-Lary. En 1601, une tour abritant un escalier (aujourd’hui disparue) est construite pour Catherine des Fontaines d’Hébrail, utilisant des matériaux exceptionnels pour l’époque, comme des pierres de Mauvezin. Habité jusqu’au début du XXe siècle, il est abandonné pendant la Première Guerre mondiale et se dégrade progressivement, ses pierres servant à empierrer les chemins voisins.

L’architecture actuelle révèle un corps central rectangulaire flanqué de deux tours, dont une carrée dominant la colline. Des traces de décoration subsistent, comme une niche ornée d’une coquille, symbole jacquaire. Les ouvertures, remaniées à partir du XVIe siècle, témoignent d’une recherche croissante de confort. Le site illustre l’évolution des châteaux gascons, entre fonction défensive initiale et adaptation résidentielle.

La topographie du lieu, avec sa motte et son altitude, en fait un exemple caractéristique des châteaux de guet de Gascogne. Son histoire reflète aussi les dynamiques seigneuriales locales, entre alliances familiales et modernisations architecturales inspirées du Nord de la France. Son déclin au XXe siècle s’inscrit dans le sort commun à de nombreux édifices ruraux, victimes de l’exode et du manque d’entretien.

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