Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Gaillefontaine en Seine-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style éclectique et baroque
Seine-Maritime

Château de Gaillefontaine

    C.R. 26
    76870 Gaillefontaine
Propriété privée
Château de Gaillefontaine
Château de Gaillefontaine
Château de Gaillefontaine
Crédit photo : Paubry - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle (vers 1050)
Construction du château fort
1472
Destruction par Charles le Téméraire
1790
Vente du domaine après la Révolution
1800
Achat par la veuve du général Hoche
1881-1886
Construction du château actuel
1er février 2001
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble du domaine, y compris ses chapelle funéraire, éléments bâtis et assise foncière (cad. E 441 à 453, 570 ; D 541) : classement par arrêté du 1er février 2001

Personnages clés

Hugues Ier de Gournay - Seigneur normand Fonda le château fort au XIe siècle.
Charles le Téméraire - Duc de Bourgogne Détruisit la forteresse en 1472.
Anne Adélaïde Dechaux - Veuve du général Hoche Acheta le domaine en 1800.
Ernest-Gabriel des Roys - Marquis et député Commanditaire du château actuel (1881-1886).
Bir et Pini - Architectes Conçurent le château et le parc au XIXe siècle.

Origine et histoire

Le château de Gaillefontaine, situé dans le département de la Seine-Maritime en Normandie, est un édifice emblématique construit entre 1881 et 1886 par les architectes Bir et Pini pour le marquis Ernest-Gabriel des Roys. Ce château de style néo-Renaissance, en brique et pierre, remplace un ancien château du XVIIIe siècle et intègre des éléments historiques comme des cheminées du manoir de Bures-en-Bray et des vestiges de l’abbaye de Beaubec. Le domaine, classé monument historique en 2001, comprend également une chapelle funéraire familiale et des communs en forme de « U ».

Le site de Gaillefontaine possède une histoire médiévale riche, marquée par une motte castrale du XIe siècle, siège d’une châtellenie et d’un bailliage couvrant 24 seigneuries. Ce château fort, édifié par Hugues Ier de Gournay en 1050, fut détruit au XVe siècle par Charles le Téméraire après un siège en 1472. La motte, encore visible, témoigne de son importance stratégique à la frontière entre la Normandie et le domaine royal. Au fil des siècles, le domaine changea de mains, passant des Valois aux Espinay Saint Luc, puis aux Le Gendre de Collandres, avant d’être acquis en 1800 par la veuve du général Hoche.

Au XIXe siècle, le marquis Ernest-Gabriel des Roys, petit-fils de la générale Hoche et député de la Seine-Inférieure, entreprit une vaste campagne de rénovation. Entre 1867 et 1877, l’architecte Pini aménagea un parc à l’anglaise et les communs, tandis que Bir construisit le logis actuel entre 1881 et 1899, dans un style néo-gothique. L’intérieur abrite une galerie ornée de peintures murales de Godon (1899). La chapelle funéraire, achevée en 1903, complète cet ensemble architectural, reflétant l’influence des élites locales et l’évolution des goûts esthétiques sous la Troisième République.

Le château et son domaine illustrent aussi l’histoire sociale de la région. Au Moyen Âge, Gaillefontaine était un centre judiciaire et politique, avec une vicomté, une maladrerie (XIVe siècle), et un prieuré affilié à Fontevraud. La Révolution française marqua un tournant, avec la vente du domaine en 1790 à M. du Ruey, puis son rachat en 1800 par Anne Adélaïde Dechaux, veuve du général Hoche. Le château actuel, symbole de la bourgeoisie terrienne du XIXe siècle, coexiste avec des vestiges médiévaux, comme la motte féodale et la chapelle Saint-Jean-Baptiste (XIIe siècle), rappelant les strates historiques du Pays de Bray.

Aujourd’hui, le château de Gaillefontaine, entouré de son parc et de ses dépendances classées, reste un témoignage majeur du patrimoine normand. Son architecture éclectique, mêlant néo-Renaissance et néo-gothique, ainsi que ses liens avec des figures comme Charles le Téméraire ou les marquis des Roys, en font un site historique et culturel incontournable. Les travaux de restauration récents, comme ceux de la chapelle Saint-Jean-Baptiste (2017), soulignent la volonté de préserver ce patrimoine pour les générations futures.

Liens externes