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Château de Galinières dans l'Aveyron

Château de Galinières

    137 Galinières
    12130 Pierrefiche

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1163
Première mention écrite
1184
Protection papale
1371
Début des fortifications
1419–1432
Conflit du grand schisme
1588
Prise et pillage
1791
Vente comme bien national
1928
Première protection
1988
Classement du donjon
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Hugues de Rodez - Évêque de Rodez (XIIe siècle) Donateur de terres en 1168.
Luce III - Pape (1181–1185) Place la grange sous protection en 1184.
Jean Géraud - Abbé de Bonneval (1407–1432) Agrandit le château, chambre peinte à son blason.
Pierre Rigald - Abbé de Bonneval (1446–1473) Aménage les bâtiments de Galinières.
Jean IV d’Armagnac - Comte de Rodez (XVe siècle) Suzerain féodal lors de l’hommage de 1418.
Jean-Antoine Ayral du Bourg - Avocat et acheteur (1791) Acquiert le domaine comme bien national.

Origine et histoire

Le château de Galinières trouve ses origines dans une grange dépendant de l’abbaye de Bonneval, fondée entre 1163 et 1181 grâce à des donations de familles nobles et des évêques de Rodez. La première mention écrite date de 1163, dans une charte confirmant les dîmes de l’abbaye. En 1168, l’évêque Hugues de Rodez y cède des terres, officialisant son statut de grange cistercienne. Sous la direction d’un maître de grange et de convers, ce domaine agricole devient la plus importante des 15 granges de l’abbaye. En 1184, le pape Luce III place la grange sous sa protection.

Au XIVe siècle, la grange est affermée et fortifiée : en 1371, l’abbé Rigald de Gaillac obtient l’autorisation de creuser des fossés, marquant le début de sa transformation en forteresse. La chapelle, mentionnée dès 1322, accueille une chapellenie dédiée à saint Blaise. Au XVe siècle, sous l’abbé Jean Géraud (1407–1432), le logis devient résidence abbatiale. Les armoiries de Jean Géraud, peintes dans la chambre de l’abbé, attestent de son rôle dans les agrandissements du château. Son successeur, Pierre Rigald (1446–1473), poursuit les aménagements.

La grange subit des saccages pendant les guerres de Religion : en 1585, des huguenots la pillent, puis en 1588, une troupe de 200 hommes s’empare de la forteresse, la ruinant partiellement. Au XVIIe siècle, le château cesse d’être une résidence abbatiale et est mis en fermage. Vendue comme bien national en 1791, la propriété est morcelée entre familles locales. Au XXe siècle, des incendies (1905, 1921, 1928) endommagent les bâtiments, mais des campagnes de restauration, notamment entre 1994 et 2001, préservent son patrimoine.

Le château de Galinières se compose d’un donjon carré du XIVe siècle, d’un logis du garde-bois aux éléments gothiques, et d’une bergerie à arcs diaphragmes. La chapelle, toujours propriété de la famille Baldit, et l’aire de battage du XVIIe siècle complètent l’ensemble. Classé partiellement aux monuments historiques (1928 pour la grange, 1988 pour le donjon, 1999 pour le logis et la bergerie), le site témoigne de l’évolution d’une grange cistercienne en château fortifié, puis en domaine agricole.

Son histoire reflète les liens entre pouvoir religieux et seigneurial en Rouergue : protection des comtes d’Armagnac (1393), conflits pendant le grand schisme (1419–1432), et rôle politique lors des États Généraux du Rouergue en 1576. La présence de décor peint dans la chambre de l’abbé et les archives perdues dans l’incendie de 1905 soulignent son importance culturelle et documentaire.

Liens externes