Origine et histoire du Château de Gavaudun
Le château de Gavaudun est un ancien château fort du XIIIe siècle, aujourd’hui en ruines, situé sur un éperon rocheux surplombant le vallon de la Lède, dans le département de Lot-et-Garonne. Construit entre le XIIe et le XIIIe siècle, il contrôlait un axe stratégique entre le Périgord et l’Agenais. Son accès unique, une échelle dans un puits vertical creusé dans la roche, en faisait une forteresse quasi imprenable. Le donjon, haut de 25 mètres et composé de cinq étages, a été surélevé au XIVe siècle.
Le château est mentionné dès 1160, lorsque l’évêque de Périgueux, Jean d’Assida, l’assiège pour en chasser des brigands ou des hérétiques, avant de le démolir. Reconstruit peu après, il est cité dans le saisimentum de 1271 lors de la prise de pouvoir royal sur les terres du comte de Toulouse. Pendant la guerre de Cent Ans, il joue un rôle clé dans les conflits franco-anglais, passant entre les mains de familles comme les Baleinx, alliés des Anglais, puis des Durfort, partisans du roi de France.
Au XVe siècle, la seigneurie de Gavaudun échoit à la famille de Lustrac, notamment à Arnaud de Lustrac (dit Naudonnet), capitaine gascon combattant les Anglais. Le château devient un refuge pour Marguerite de Lustrac, veuve du maréchal de Saint-André, puis pour Geoffroy de Vivans pendant les guerres de Religion. Après des héritages complexes, il passe aux mains des d’Auray de Brie au XVIIe siècle, puis est vendu en 1686 à la famille de Belsunce, qui le conserve jusqu’à la Révolution.
En 1796, le château, partiellement détruit et vendu comme bien national, est racheté par la commune de Gavaudun. Seul le donjon, classé monument historique dès 1862, subsiste aujourd’hui, témoignant de son passé militaire et féodal. Les vestiges, incluant des courtines fines et un accès troglodytique, rappellent son rôle stratégique dans l’histoire régionale.
Le site, propriété communale, est protégé au titre des monuments historiques depuis 1862 pour sa tour et 1987 pour le reste des ruines. Son architecture reflète les adaptations défensives médiévales, avec un donjon couvert de créneaux et un système d’accès ingénieux, typique des châteaux gascons de l’époque.