Origine et histoire
Le château de Gavaudun est un ancien château fort aujourd’hui en ruines, construit entre le XIIe et le XIIIe siècle sur un éperon rocheux surplombant le vallon de la Lède, à Gavaudun (Lot-et-Garonne). Situé sur un axe majeur entre le Périgord et l’Agenais, il fut mentionné dès 1160 lors d’un siège mené par l’évêque de Périgueux pour en déloger des brigands ou des hérétiques. Reconstruit peu après, il devint un point clé pendant la guerre de Cent Ans, alternant entre mains françaises et anglaises.
Au XIVe siècle, le château passa entre les familles de Durfort, de Lustrac, puis de Belsunce, chacune y laissant une empreinte politique et militaire. La famille de Lustrac, notamment Arnaud (dit Naudonnet), capitaine gascon anti-anglais, en fit une base stratégique. Au XVIe siècle, Marguerite de Lustrac, héritière du château, y épousa Geoffroy de Caumont en 1568, avant que le domaine ne passe aux d’Auray puis aux Belsunce au XVIIe siècle. Ces derniers, endettés, le vendirent en 1686 au marquis Armand Ier de Belsunce.
Pendant la Révolution, le château fut partiellement détruit et vendu comme bien national en 1795–1796. La commune de Gavaudun en devint propriétaire en 1796. Aujourd’hui, il ne subsiste principalement que le donjon du XIIIe siècle, surhaussé au XIVe, haut de 25 mètres. Classé monument historique en 1862 (tour) et 1987 (reste du château), il témoigne de l’architecture défensive médiévale et des conflits qui ont marqué le Sud-Ouest de la France.
L’accès au château, bâti sur un rocher en à-pic, se faisait autrefois par une échelle dans un puits vertical creusé dans la roche. Le village s’est développé au pied de la falaise, le long de la rivière. Le site illustre les techniques de fortification médiévales et l’adaptation aux contraintes géographiques, avec une terrasse sommitale de 75 mètres de long sur 6 à 15 mètres de large.
Les sources historiques mentionnent des actes notariés, des testaments et des alliances familiales qui ont façonné son histoire, comme le mariage de Marguerite de Lustrac avec Jacques d’Albon de Saint-André en 1544, ou la vente controversée de 1686. Les fouilles et archives locales (Gallia Christiana, saisimentum de 1271) confirment son rôle dans les conflits féodaux et religieux, notamment pendant les guerres de Religion, lorsque le village devint protestant.