Premier château fort Fin Xe siècle (vers 993) (≈ 1095)
Mentionné par Adémar de Chabannes, pris par les comtes de la Marche.
1179
Démantèlement par Richard Cœur de Lion
Démantèlement par Richard Cœur de Lion 1179 (≈ 1179)
La tour de Montcabré est détruite pendant les révoltes poitevines.
XIIIe siècle (vers 1250)
Reconstruction par Geoffroy V de Rancon
Reconstruction par Geoffroy V de Rancon XIIIe siècle (vers 1250) (≈ 1350)
Château actuel bâti avec l’aide financière de Louis IX.
1356
Prise par les Anglais
Prise par les Anglais 1356 (≈ 1356)
Confisqué après la défaite de Poitiers, donné à Adam Chel.
1375
Reprise par Du Guesclin
Reprise par Du Guesclin 1375 (≈ 1375)
Siège mené avec le duc de Berry, retour à la France.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique 1840 (≈ 1840)
Premières protections par Prosper Mérimée, fin des pillages.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) : classement par liste de 1840
Personnages clés
Adémar de Chabannes - Chroniqueur médiéval
Premier à mentionner le *castrum* de Gençay vers 993.
Richard Cœur de Lion - Roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine
Démantela la tour de Montcabré en 1179.
Geoffroy V de Rancon - Seigneur de Taillebourg
Reconstruit le château au XIIIe siècle, allié de Saint Louis.
Adam Chel - Chevalier gallois
Occupa Gençay pour les Anglais (1356-1375), rançonnait la région.
Bertrand Du Guesclin - Connétable de France
Reprit le château en 1375 pour Charles V.
Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques
Classa le château en 1840, stoppant sa destruction.
Origine et histoire
Le château de Gençay, situé dans la Vienne en Nouvelle-Aquitaine, a connu trois phases majeures de construction. Son origine remonte à la fin du Xe siècle avec un premier castrum nommé Gentiacum, mentionné par le chroniqueur Adémar de Chabannes vers 993. Ce château fort initial, probablement bâti pour contrôler une voie antique reliant Poitiers à Périgueux, fut un enjeu stratégique dans les conflits locaux. Pris et démantelé en 993 par les comtes de la Marche, il fut repris par Guillaume le Grand, comte de Poitiers, avant d’être incendié vers 1025. Au XIe siècle, la seigneurie de Gençay passa aux mains de la famille Rancon, marquant le début d’une période de rivalités féodales.
Au XIIe siècle, un second château, la tour de Montcabré, fut érigé sous les Rancon. Geoffroy II de Rancon, seigneur de Taillebourg, en confia la garde à Guitard de Gençay. Ce château joua un rôle dans les révoltes poitevines contre Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, notamment en 1173, 1188 et 1194. En 1179, Richard Cœur de Lion s’empara de la tour et la fit démanteler, scellant son déclin. Ces conflits annoncèrent la première guerre de Cent Ans, opposant Capétiens et Plantagenêts pour le contrôle de l’Aquitaine.
Le troisième château, dit de Du Guesclin, fut reconstruit au XIIIe siècle par Geoffroy V de Rancon, allié de Louis IX (Saint Louis). Ce dernier soutint financièrement les travaux pour renforcer l’autorité royale en Poitou, région disputée entre la France et l’Angleterre. Le château devint un symbole de la reconquête capétienne, mais son histoire fut marquée par des occupations anglaises. En 1356, après la défaite de Poitiers, il fut confisqué par le prince de Galles et donné à Adam Chel, un chevalier gallois. Ce dernier en fit une base pour piller la région, retenant même Jean II le Bon prisonnier. Ce n’est qu’en 1375, après un siège mené par Du Guesclin et le duc de Berry, que le château revint à la couronne française.
Au XVe siècle, le château passa aux mains de la famille de La Trémoille par le mariage de Georges de La Trémoille avec Catherine de l’Île-Bouchard. Il resta dans cette lignée jusqu’en 1599, traversant les guerres de Religion (prisé brièvement par les protestants en 1569) et perdant progressivement son rôle stratégique. Au XVIIe siècle, avec la priorité donnée à la défense côtière, le château fut négligé, puis vendu à la famille de Brilhac en 1655. Après la Révolution, il servit de carrière de pierres avant d’être classé monument historique en 1840 par Prosper Mérimée. Depuis 1969, des fouilles et restaurations ont permis de préserver ses vestiges.
Architecturalement, le château de Gençay est un chef-d’œuvre défensif du XIIIe siècle. Bâti sur un éperon rocheux triangulaire entouré de fossés, il combine courtines, tours circulaires et un châtelet d’entrée fortifié. La tour de la basse-fosse (24 m de haut) abritait une prison seigneuriale, tandis que la tour du Moulin illustrait à la fois des fonctions résidentielles et militaires. Les courtines, hautes de 16 à 23 mètres, étaient percées d’archères et de hourdages, rendant la forteresse quasi imprenable. La cour intérieure, aujourd’hui disparue, abritait autrefois des bâtiments domestiques en bois et torchis, essentiels à la vie seigneuriale.
Classé parmi les premiers monuments historiques de France en 1840, le château de Gençay incarne les luttes féodales et les enjeux géopolitiques du Moyen Âge. Ses ruines, partiellement restaurées, offrent un témoignage tangible des techniques militaires de l’époque et des rivalités franco-anglaises qui ont façonné l’histoire du Poitou.
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