Frise chronologique
1459-1461
Première mention écrite
Première mention écrite
1459-1461 (≈ 1460)
Procès entre Jean Cornavy et Antoine Geniez.
1569
Conflits religieux
Conflits religieux
1569 (≈ 1569)
Lettre de Claude de Gontaut-Biron dénonçant les Geniez.
1573
Prise catholique
Prise catholique
1573 (≈ 1573)
Château ruiné, Gilbert Ier emprisonné.
1748
Modernisation par Salgues
Modernisation par Salgues
1748 (≈ 1748)
Ajout de fenêtres, loggia et comble.
1943
Abandon du château
Abandon du château
1943 (≈ 1943)
Décès du dernier résident.
1995
Classement MH
Classement MH
1995 (≈ 1995)
Inscription avec moulin et pigeonnier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château, ainsi que le pigeonnier, le moulin et le bassin à chanvre (cad. B 664, 673, 674, 668) : inscription par arrêté du 7 juin 1995
Personnages clés
| Antoine Geniez - Seigneur de la borie (XVe s.) |
Premier Geniez cité comme propriétaire. |
| Gilbert Ier de Geniez - Seigneur protestant (XVIe s.) |
Emprisonné et assassiné en 1573. |
| Jacques Salgues - Notaire et propriétaire (XVIIIe s.) |
Modernise le château en 1748. |
| Pierre de Peyronnenc - Acquéreur (1576) |
Rachète le domaine après les guerres. |
| Claude de Gontaut-Biron - Noble catholique |
Dénonce les exactions des Geniez. |
Origine et histoire
Le château de Geniez, situé à Sauliac-sur-Célé dans le Lot, trouve ses origines au XVe siècle, bien qu’une tour à mâchicoulis incorporée dans le logis occidental pourrait remonter au XIIIe siècle, liée à la famille de Cardaillac. La première mention écrite certaine date de 1459-1461, lors d’un procès opposant Jean Cornavy à Antoine Geniez, seigneur d’une borie (domaine fortifié) incluant des droits sur la rivière Célé. Les Geniez, famille protestante pendant les guerres de Religion, subirent en 1573 la prise du château par les catholiques, suivie de l’emprisonnement et de l’assassinat présumé de Gilbert Ier de Geniez à Cahors. Le domaine, ruiné, fut vendu en 1576 à Pierre de Peyronnenc, puis remanié au XVIIe siècle par les Viguier de Fraust.
Au XVIIIe siècle, Jacques Salgues, notaire bourgeois de Sauliac, acquiert le château en 1748 et le modernise : grandes fenêtres à arcs segmentaires, comble mansardé, et une loggia ouverte sur une terrasse à balustres vers le Célé. Le fief, transformé en exploitation agricole, est abandonné en 1943 après la mort de son dernier résident. Racheté en 1970 par les héritiers Salgues de Genies, il fait l’objet depuis de restaurations continues. Le moulin attitré, détruit en 1778 puis reconstruit, cesse son activité vers 1935 ; ses mécanismes (cuves, gouvernails) subsistent partiellement. Classé Monument Historique en 1995, l’ensemble inclut aussi un pigeonnier et un bassin à chanvre.
Les origines féodales du château restent débattues : si l’abbé Foissac évoque une donation de 1234 (ou 1340) par les Cardaillac, Edmond Albe lie plutôt le lignage à Geniès de la Roque, chevalier cité en 1257. Les Geniez, vassaux des abbés de Marcilhac — où ils possédaient une chapelle funéraire —, basculent dans le protestantisme au XVIe siècle. Leur opposition aux catholiques, illustrée par les lettres de Claude de Gontaut-Biron (1569) dénonçant leurs exactions, culmine avec la destruction partielle du château en 1573. Les transformations architecturales ultérieures (XVIIIe-XIXe siècles) effacent partiellement son caractère défensif d’origine, tout en préservant des éléments médiévaux comme la tour englobée.