Origine et histoire du Château de Genillé
Le château de Genillé est un ancien logis seigneurial érigé dans la seconde moitié du XVe siècle sur la commune de Genillé, en Indre-et-Loire. Construit très probablement en 1483 par Adam Fumée, médecin et conseiller des rois Charles VII et Louis XI, il se compose initialement d’un corps de bâtiment flanqué de tours cylindriques, d’une fuie, et d’une bibliothèque réputée comme l’une des plus riches d’Europe. Ce premier édifice reflète l’influence d’un homme de science proche du pouvoir royal, qui choisit ce site pour sa retraite.
En 1515, le fils d’Adam Fumée, également prénommé Adam, devient le premier seigneur officiel de Genillé après que le fief ait été érigé en châtellenie. La famille Fumée conserve le domaine jusqu’en 1602, date à laquelle il passe par mariage à Jean de Menou, seigneur de Boussay, issu d’une lignée aristocratique. Les Menou transforment progressivement le logis en demeure de plaisance, tout en l’habitant rarement. Au XVIe siècle, le bâtiment est agrandi, et une aile en retour est ajoutée au nord de la façade orientale au siècle suivant.
Le château connaît plusieurs changements de propriétaires à partir du XIXe siècle : vendu en 1840 par le baron de Menou à Alphonse Bodin, médecin local, il est ensuite cédé en 1901 à Anthyme Vénier, puis légué par héritage à la famille Chaumier en 1961. Partiellement inscrit aux monuments historiques en 1951 pour ses façades et toitures, le château conserve des éléments défensifs comme des échauguettes, une poterne murée et les traces de douves comblées. La fuie, symbole du droit seigneurial, avec ses 500 boulins initiaux, témoigne encore de l’importance passée de la seigneurie.
L’architecture du château allie des caractéristiques médiévales et Renaissance : tours cylindriques aux angles, tourelle d’escalier octogonale, fenêtres à meneaux, et toiture d’ardoise. La disparition d’une aile sud, postérieure à 1840, et le comblement des douves altèrent partiellement son aspect d’origine. Aujourd’hui, le site reste un exemple remarquable du patrimoine tourangeau, lié à l’histoire des élites locales, entre médecine, noblesse et pouvoir seigneurial.