Origine et histoire du Château de Germolles
Le château de Germolles, situé à Mellecey en Saône-et-Loire, est une ancienne résidence des ducs de Bourgogne, construite au XIVe siècle. À l’origine, le site était occupé dès le XIIIe siècle par une maison-forte appartenant aux sires de Germolles, branche cadette des seigneurs de Brancion-Uxelles. Ce domaine, initialement modeste, fut agrandi et transformé en une seigneurie prospère avant d’être confisqué en 1380 par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, en raison des dettes de Guillaume II de Germolles.
En 1380, Philippe le Hardi offre le domaine à son épouse, Marguerite III de Flandre, qui entreprend sa transformation en un somptueux palais de campagne. Les travaux, menés par des artistes renommés comme Drouet de Dammartin, Claus Sluter et Jean de Beaumetz, durent plus d’une décennie. Le château devient alors un lieu de réception fastueux, doté de jardins, d’une roseraie et d’une bergerie modèle, reflétant les goûts raffinés de la cour bourguignonne à l’aube de la Renaissance. Le roi Charles VI y est reçu en 1389.
Après la période ducale, le château passe entre les mains des successeurs de Philippe le Hardi : Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. À la mort de ce dernier en 1477, le domaine revient à la couronne de France. Vendu comme bien national pendant la Révolution, il subit des destructions partielles au XIXe siècle, notamment un incendie en 1873 qui endommage gravement la chapelle et la salle d’honneur. Racheté à la fin du XIXe siècle, il est depuis lors propriété privée et ouvert au public.
Le château conserve des éléments remarquables des XIIIe et XIVe siècles, comme le cellier médiéval, la chapelle basse aux décors romans et gothiques, et le corps de logis ducal. Ce dernier, particulièrement bien préservé, illustre le luxe de la cour bourguignonne avec ses peintures murales, ses cheminées gothiques et ses vastes fenêtres. La chapelle haute, restaurée au XXIe siècle, et la tourelle octogonale abritant le chœur témoignent de l’architecture religieuse princière.
Les jardins, autrefois organisés par Marguerite de Flandre, ont disparu, mais le parc actuel, replanté au XIXe siècle dans un style romantique, abrite des essences rares comme un ginkgo biloba ou un cyprès chauve. Le château, classé Monument Historique en 1989 pour certaines parties, est labellisé « Maison des Illustres » depuis 2013. Il fait partie de la « Route des châteaux en Bourgogne du Sud » et propose des visites culturelles d’octobre à juin.