Origine et histoire du Château de Gevrey-Chambertin
Le château de Gevrey-Chambertin est un château fort médiéval du XIe siècle, initialement un prieuré dépendant de l’abbaye de Cluny. En 1015 et 1019, Hugues de Chalon, évêque d’Auxerre, et sa sœur Maheldis de Semur, héritiers du comte Lambert de Chalon, font don du domaine de Gevrey à Cluny, alors dirigé par l’abbé Odilon. Ce site, bâti sur une villa gallo-romaine et entouré de vignes, devient un prieuré organisé en 1101, avant d’être fortifié entre 1257 et 1275 sous l’impulsion des abbés Yves de Poisey et Yves de Chazan, issus de la maison de Vergy.
La forteresse, transformée en un rectangle entouré de fossés, comprend une porterie avec pont-levis, une grosse tour carrée, une petite tour ronde surmontée d’un colombier, et une muraille avec chemin de ronde. Les guerres, pillages et incendies des XIIe–XIIIe siècles altèrent le château, ne laissant intacts que la porterie (partiellement), la grosse tour et le corps d’habitation adjacent. Après avoir été vendu comme bien national en 1791, le château change de mains jusqu’à son acquisition en 2012 par un investisseur chinois, Louis Ng Chi Sing, pour environ 8 millions d’euros.
Le domaine viticole de 2,3 hectares en AOC Gevrey-Chambertin, estimé à 3,5 millions d’euros, est confié au domaine Armand Rousseau pour sa gestion. Le château, inscrit aux Monuments historiques depuis 1993, n’est pas ouvert au public. Son architecture conserve des traits roman bourguignons, avec des influences gothiques mineures, et offre un panorama sur les crus voisins. Les fossés, la porterie et les tours témoignent encore de son passé défensif, tandis que les salles intérieures, comme l’ancienne salle capitulaire, restent habitées.
L’histoire du château est marquée par son lien avec l’ordre clunisien, les conflits féodaux en Bourgogne, et son rôle dans le vignoble local. Les redevances liées à la fontaine du château, fixées par Odilon de Cluny au XIe siècle, illustrent son importance économique dès l’époque médiévale. Après la Révolution, le château passe entre les mains de particuliers, dont Jacques Masson en 1858, avant son rachat récent par un acteur étranger, marquant un tournant dans son histoire patrimoniale et viticole.