Patrimoine classé
Façades et toitures des communs (cad. F 22, 26) , ainsi que le sol des parcelles F 22, 23, 26 et les piles du pont sur le Thouaret (cad. non cadastré) : inscription par arrêté du 18 avril 1995 - Logis, chapelle et pigeonnier (cad. F 23, 26) : classement par arrêté du 31 juillet 2000 ; les communs en totalité (sauf le pigeonnier classé au titre des monuments historiques), tous les vestiges maçonnés, le vivier ainsi que le sol des emprises avec leurs clôtures, faisant parties du château (cadastre section F parcelles 20, 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30) : inscription par arrêté du 7 juin 2018
Personnages clés
| Jean de Beaumont - Seigneur médiéval |
Restaura les fortifications en 1386. |
| René de Vignerot de Pontcourlay - Seigneur et militaire |
Beau-frère de Richelieu, commanditaire des gisants. |
| Françoise du Plessis de Richelieu - Épouse de René de Vignerot |
Sœur du Cardinal, inhumée dans la chapelle. |
| Cardinal de Richelieu - Homme d’État |
Séjournait au château (1610–1611). |
| Marie-Madeleine de Vignerot - Duchesse d’Aiguillon |
Enfance passée au château. |
| Henri de La Trémoille - Noble protestant |
Converti au catholicisme en 1628. |
| Michel II Bourdin - Sculpteur |
Auteur des gisants (vers 1625). |
Origine et histoire du Château de Glénay
Le château de Glénay, situé dans les Deux-Sèvres en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIIe siècle avec une maison forte construite sur un éperon rocheux dominant le Thouaret. Ce poste de surveillance, initialement occupé par un capitaine contrôlant le gué, fut transformé en résidence seigneuriale entre les XIIe et XIVe siècles. En 1386, Jean de Beaumont restaura les fortifications endommagées pendant la guerre de Cent Ans. Après les guerres de Religion (XVIe siècle), le château fut profondément remanié : un logis Renaissance avec fenêtres à meneaux fut ajouté, ainsi qu’une chapelle dédiée à sainte Marguerite et une fuie (pigeonnier) imposante de 2 463 boulins.
Trois familles marquèrent son histoire : les Beaumont (médiévaux), les Saint-Gelais de Lusignan (Renaissance), puis les Vignerot de Pontcourlay, ancêtres des ducs de Richelieu. Le cardinal de Richelieu y séjournait régulièrement entre 1610 et 1611, tandis que sa nièce, Marie-Madeleine de Vignerot (future duchesse d’Aiguillon), y passa son enfance. En 1628, Henri de La Trémoille y résida avant sa conversion au catholicisme, orchestrée par Richelieu lors du siège de La Rochelle. Au XVIIIe siècle, le maréchal de Richelieu démantela toitures et planchers, réduisant le logis à l’état de ruine.
Vendu en 1789, le château devint une exploitation agricole après la Révolution. Ses gisants en marbre de René de Vignerot (1624) et de son épouse Françoise du Plessis (sœur du Cardinal, †1616), sculptés par Michel II Bourdin, furent mutilés pendant la Révolution puis transférés dans la chapelle au XXe siècle. Ces œuvres, classées en 2015, illustrent le faste des Vignerot. Le domaine, protégé à plusieurs reprises (1995, 2000, 2018), fait l’objet depuis 2021 d’une restauration majeure visant à restituer charpente, planchers et couverture en ardoise.
Architecturalement, le château se distingue par sa tour polygonale à six étages (unique en France), intégrant escaliers, chambres et services. Le domaine, organisé selon les principes agricoles de Pierre de Crescens et Olivier de Serres, comprend deux enceintes, des communs, un vivier et un jardin clos. La cour noble, surélevée de 6 mètres au-dessus du Thouaret, souligne son rôle défensif et seigneurial. Aujourd’hui propriété privée, le site accueillera en 2025 un chantier d’insertion pour sa préservation.
Les protections au titre des monuments historiques couvrent le logis, la chapelle, le pigeonnier (classés en 2000), les communs et vestiges maçonnés (inscrits en 1995 et 2018). Bien que fermé au public, le château reste un exemple emblématique de l’évolution des forteresses médiévales vers des résidences aristocratiques, marqué par l’influence des Richelieu et des conflits religieux des XVIe–XVIIe siècles.