Origine et histoire
Le château de Glénay trouve ses origines au début du XIIe siècle, bâti sur une roche escarpée dominant le Thouaret, à l’écart du bourg. À l’origine maison forte occupée par un capitaine surveillant le gué de la rivière, il fut transformé en château entre les XIIe et XIVe siècles. En 1386, Jean de Beaumont y restaure les fortifications endommagées pendant la guerre de Cent Ans. Après les guerres de Religion, le château est remanié et agrandi, avec des appartements renaissance et une chapelle dédiée à sainte Marguerite.
Trois familles marquent son histoire : les Beaumont, les Saint-Gelais de Lusignan, puis les Vignerot de Pontcourlay, ancêtres des ducs de Richelieu. Le cardinal de Richelieu y séjourna en 1610-1611, et Henri de La Trémoille y logea en 1628 avant sa conversion au catholicisme. Au XVIIIe siècle, le maréchal de Richelieu fait démanteler toiture et planchers, avant que le château ne devienne une exploitation agricole après la Révolution. Photographié dès la fin du XIXe siècle, il est aujourd’hui en restauration.
Le château se distingue par une tour polygonale unique en France, intégrant escaliers, chambres et espaces de service sur six étages. Le domaine, structuré en basses-cours et cour noble, inclut un pigeonnier de 2 463 boulins, des communs, un vivier et les ruines d’un pressoir. Classé partiellement aux monuments historiques (1995, 2000, 2018), il abrite aussi les gisants de René de Vignerot et Françoise du Plessis de Richelieu, œuvres de Michel II Bourdin, sauvés après la Révolution.
Les gisants, initialement installés dans l’église de Glénay en 1642, furent démantelés pendant la Révolution. Les sculptures, mutilées, furent transportées au château au XXe siècle. Leurs épitaphes, conservées, racontent leur histoire : René de Vignerot, capitaine des armées d’Henri IV, mort en 1624, et Françoise du Plessis, sœur du cardinal de Richelieu, décédée en 1616. Deux génies funéraires, retrouvés dans un puits en 1936, complètent cet ensemble.
Depuis 2021, un chantier de restauration vise à reconstituer charpente, planchers et toiture en ardoise, sous la direction de l’architecte du patrimoine Stéphane Berhault. À partir de 2025, le site accueillera un chantier d’insertion. Bien que propriété privée non ouverte au public, le château reste un exemple rare d’architecture de transition entre Moyen Âge et Renaissance, influencée par les principes d’économie rurale de Pierre de Crescens et Olivier de Serres.