Origine et histoire du Château de G?ulzin
Le château de Goeulzin, mentionné dès 1310 comme maison-forte, fut incendié sous Philippe le Bel puis reconstruit par Enguerrand de Goeulzin. Situé dans la vallée de la Sensée, il marquait la frontière entre l’Ostrevent, l’Artois et le Hainaut, zones disputées entre Flandre, Artois et Hainaut aux Xe–XIIe siècles. Le château joua un rôle défensif jusqu’au XVIe siècle, où il fut gravement endommagé lors des incendies du village en 1521 et 1582.
Au début du XVIIe siècle, Charles-Albert de Longueval, comte de Bucquoy, le reconstruit en brique et pierre sur les soubassements médiévaux, transformant le site en château de plaisance. Le parc, initialement proche d’un espace de chasse, fut réaménagé, tandis que les douves, alimentées par la Sensée, isolaient le domaine. La seigneurie passa ensuite aux Pronville, puis à Pierre Taffin, procureur général du Hainaut, dont le fils Jean-Charles-Louis entreprit en 1763 la construction d’une tour originale combinant glacière et colombier.
Au XIXe siècle, Louis Taffin d’Heursel modernisa le château sous le Second Empire, ajoutant une galerie néogothique et un parc paysager avec pièces d’eau. Occupé et pillé par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale, le château fut ensuite abandonné, ses douves partiellement comblées. Les ruines, incluant trois tours et la façade à pignons flamands, furent inscrites aux Monuments Historiques en 2007, tandis que la tour glacière-colombier l’avait été dès 2002.
Le domaine, autrefois étendu sur 25 hectares, ne conserve aujourd’hui que 3,5 hectares, incluant un bois et un étang. Les communs, séparés en deux propriétés, témoignent de l’ancienne basse-cour médiévale. L’architecture mêle influences françaises et flamandes, avec des éléments défensifs (archères, soubassements talutés) et des ajouts résidentiels (balcons, fenêtres cintrées).
La vallée de la Sensée, autrefois zone stratégique, perdit son rôle militaire après l’annexion française des territoires bourguignons. Le château illustre ainsi l’évolution des fortifications médiévales en résidences aristocratiques, tout en portant les stigmates des conflits, notamment ceux de la Grande Guerre. Son inscription patrimoniale souligne la valeur historique de ses vestiges, allant du XIIIe au XIXe siècle.