Origine et histoire du Château de Gontaud-de-Nogaret
Le château de Gontaud-de-Nogaret trouve ses origines dans la seigneurie de Gontaud, attestée dès le XIIIe siècle. La famille de Gontaut, puis les Melet, en sont les premiers seigneurs connus. En 1473, après la guerre de Cent Ans, aucun château n’existe encore sur le site. Entre 1473 et 1495, Jean III de Melet obtient du roi Charles VIII l’autorisation de racheter la seigneurie et fait construire l’édifice actuel. Ce château, initialement modeste, devient un enjeu stratégique pendant les conflits religieux et politiques.
Pendant les guerres de Religion, en 1580, le village de Gontaud est pillé et incendié par les troupes royales catholiques du maréchal de Gontaud. Seul le château, propriété du baron de Cancon (Jean de Montferrand), un noble catholique, est épargné. Le lendemain, il est occupé par les soldats. La population locale est massacrée, illustrant la violence de cette période. Le bâtiment, déjà fragilisé, survit grâce à son statut seigneurial.
Au XVIIe siècle, lors de la Fronde (1652), Gontaud subit un nouveau pillage par les troupes du marquis de Biron. Là encore, le château des Montferrand est préservé, mais la communauté doit verser une rançon en céréales (avoine et orge) pour éviter sa destruction. Après les Montferrand, le château passe entre les mains des familles Luppe d’Arblade (1661), puis Bacalan (1694), qui entreprennent les premières réparations connues.
La Révolution française marque un tournant : en 1793, les biens de la famille Pellet (alors propriétaire) sont saisis, et le château est vendu aux enchères à Marguerite Degalz, veuve Martineau. Il reste dans cette famille jusqu’en 1914, date à laquelle il est racheté par Armand de Gontaut-Biron, marquis de Gontaud. Cependant, faute d’entretien, la petite tour nord s’effondre en 1949, entraînant une partie du corps de logis.
Depuis 1955, plusieurs propriétaires se succèdent sans restaurations majeures jusqu’en 1997, où une campagne de travaux est lancée sous la direction de Denis Boullanger, architecte du patrimoine. En 2007, la moitié du corps de logis écroulé en 1949 est reconstruite, redonnant au château une partie de son aspect originel. Inscrit aux monuments historiques depuis 1958, il témoigne aujourd’hui d’une histoire mouvementée, entre conflits, négligence et renaissance.