Château de Goudourville dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Goudourville

  • Le Bourg 
  • 82400 Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Château de Goudourville
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Transformation en forteresse
XIIIe siècle
Consolidation familiale
XVIIe siècle
Changements de propriétaires
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; escalier à vis ; la salle des gardes avec sa cheminée ; chapelle et la cheminée du grand salon au-rez-de-chaussée ; la cheminée de la salle Clément V au second étage (cad. A 321) : inscription par arrêté du 7 août 1974

Personnages clés

Hugues de Gasques Transforma le monastère en forteresse au XIIe siècle.
Naudonnet de Lustrac Restaura le château vers 1460 après sa destruction pendant la guerre de Cent Ans.
Antoine de Lustrac Entreprit d'importants travaux de modification à la fin du XVe et au début du XVIe siècle.
Guillaume d'Affis Acquit le domaine en 1598 et entreprit des réparations.
Henri IV Séjourna au château au début du XVIIe siècle.
Louis de Berdolle Acquéreur en 1745, il releva l'édifice au XVIIIe siècle.
Gilles Séraphin Qualifia les transformations de la fin du gothique en Aquitaine.
Léon Bernier Acquit le château en 1939.
Comte Grouard de Tocqueville Mena d'importantes restaurations et fit inscrire le château sur l'ISMH en 1974.

Origine et histoire du Château de Goudourville

Le château de Goudourville se dresse sur un pech à l'ouest du Tarn-et-Garonne, à la limite du Gers et du Lot-et-Garonne ; il domine le village et la vallée de la Garonne. Avant l'an Mil, un monastère dépendant de l'abbaye de Bonneval occupait le site. En 1081, Hugues de Gasques acquiert le monastère détruit par les Normands et le transforme en forteresse pour servir de vigie au château de Gasques. La famille Gasques, présente dès le XIe siècle, conserva la seigneurie jusqu'à la fin du XIVe siècle. Pendant la guerre de Cent Ans le château fut occupé, pillé et, au milieu du XIVe siècle, laissé en ruines avant d'être restauré vers 1460 par Naudonnet de Lustrac. À la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, Antoine de Lustrac, son frère et leur oncle entreprirent d'importants travaux qui modifièrent la distribution en ajoutant une tour d'escalier, des galeries extérieures, de nouvelles cheminées et fenêtres. Ces transformations, que Gilles Séraphin qualifie parmi les réalisations notables de la fin du gothique en Aquitaine, s'accompagnèrent d'une phase intermédiaire qui doubla l'épaisseur des murs et fit peut‑être émerger des tours. Aux XVIe et XVIIe siècles la seigneurie passa par alliances, mariages et ventes entre familles comme les Lustrac, les d'Albon et les Caumont, entraînant des transferts de propriétés et de domaines. Guillaume d'Affis, nommé premier président du Parlement de Bordeaux, acquit le domaine en 1598, entreprit des réparations et exploita les dépendances agricoles. Henri IV séjourna au château ; en 1652, pendant la Fronde, le site servit de refuge pour des opposants au pouvoir royal, fut assiégé, occupé et fortement saccagé par les troupes royalistes. Sur ordre de Mazarin, après ce siège, les tours furent arasées et les ouvrages militaires partiellement démantelés ; seules subsistent des mâchicoulis au‑dessus de la douve, à l'ouest. Au XVIIIe siècle l'édifice fut relevé : les niveaux furent modifiés, les façades repercées, de hautes charpentes en châtaignier en forme de carène renversée remplacèrent les toits plats crénelés, et des aménagements intérieurs comme des cuisines voûtées furent créés par Louis de Berdolle, acquéreur en 1745. Le portail d'entrée fut refait au XIXe siècle et d'importantes campagnes de restauration dans les années 1970 recréèrent une porte au centre du front nord, ajoutèrent des croisées et des cheminées et restituèrent des volumes de tours avec leurs coursières sur mâchicoulis. Le château présente ainsi un édifice composite portant les traces de campagnes de construction et de réaménagements qui s'étendent du XIIIe au XXe siècle, selon l'étude de Gilles Séraphin. Le nom de Goudourville vient du latin Gothorum villa, « domaine des Goths », en l'occurrence des Wisigoths installés entre le bas Quercy et Tolosa ; la toponymie a évolué via Gotorvilla et Gothorville. Tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles le château changea à plusieurs reprises de propriétaires : il appartint notamment aux Lecomte, puis fut acheté en 1745 par Louis Bailet de Berdolle qui en fit une résidence d'été de parlementaires. Les troubles de la Révolution entraînèrent l'abaissement des tours et l'utilisation des pierres pour des travaux publics et privés. Au XIXe siècle il passa par mariage à la famille Lary de Latour, puis fut vendu en 1876 au comte Emmanuel Marraud des Grottes ; au XXe siècle la comtesse Marie des Grottes et son mari Gonzague de Cianelli détenaient le domaine jusqu'en 1939. En 1939 Léon Bernier acheta le château ; pendant la Seconde Guerre mondiale des habitants de la ferme protégèrent de jeunes Juifs et furent reconnus « Justes parmi les Nations ». En 1952 la famille Tocqueville acquit la propriété ; le comte Grouard de Tocqueville mena d'importantes restaurations et fit inscrire le château sur l'ISMH en 1974. Depuis 1999, les propriétaires actuels poursuivent l'entretien, les recherches historiques et développent une activité de location pour des séjours, mariages et événements, tout en ouvrant le château au public à plusieurs reprises par an pour des animations culturelles et historiques. Parmi les éléments remarquables figurent la charpente de l'aile nord, les chambres dites Charles IX et Clément V, la cour d'honneur, l'escalier en vis Renaissance, la salle des gardes et la façade nord ; plusieurs photographies de la charpente et des chambres ont été réalisées par Joanna Johnston.

Liens externes