Origine et histoire du Château de Gourdan
Le château de Gourdan, situé à Saint-Clair en Ardèche, fut édifié en 1777 pour remplacer un ancien manoir médiéval dont il subsiste une aile avec une tour ronde. Ce château, inspiré des bastides provençales du XVIIIe siècle, se distingue par son architecture classique, ses jardins à la française, et son intégration harmonieuse dans un parc boisé. Il était conçu pour l'agrément de ses propriétaires, avec des salons richement décorés de boiseries et de parquets dits de Versailles, ainsi que des dépendances imposantes comme une orangerie de 45 mètres de long, des écuries, et une glacière.
La seigneurie de Gourdan appartenait initialement à la famille du Peloux dès le XIVe siècle, avant de passer aux Vogüé en 1605 par mariage. Au XVIIIe siècle, Pierre de Vogüé puis son cousin Félix entreprirent d'importants travaux d'agrandissement, achevés vers 1780. Le château échappa à la destruction pendant la Révolution grâce à l'intervention des femmes de la famille Vogüé. Au XIXe siècle, il fut vendu par Eugène-Melchior de Vogüé, écrivain et académicien, à des industriels locaux, marquant le déclin de son rôle résidentiel aristocratique.
Le domaine, qui s'étendait autrefois sur plus de 1 000 hectares avec dix fermes, fut progressivement morcelé. L'orangerie, construite en 1832, abritait en hiver une centaine de caisses d’orangers et de camélias. Les jardins, alimentés par un système ingénieux de réservoirs collectant les eaux de source et de pluie, composaient un parterre à la française avec broderies de buis et rosiers. Aujourd’hui, le château, propriété privée, est partiellement ouvert pour des réceptions et des gîtes ruraux, tandis que son Grand Parc, transformé en golf, ne fait plus partie du domaine depuis 1985.
Classé monument historique en 1967 pour ses façades, toitures, orangerie et jardins, le château de Gourdan illustre l’évolution architecturale et sociale d’une résidence seigneuriale en Ardèche. Son style, inspiré des demeures provençales, contraste avec les châteaux féodaux ou industriels plus courants dans la région. Les éléments protégés incluent aussi la tour Nord, le parterre Sud, et les vestiges du manoir médiéval, comme la chapelle castrale et le pressoir.
La tempête de 1999 endommagea gravement le Petit Parc, autrefois peuplé de cèdres majestueux. En 2002, des bassins à la provençale y furent ajoutés pour restaurer son charme. Le château reste un témoignage de l’influence des Vogüé, famille noble du Vivarais, et de l’essor économique d’Annonay, ville industrielle proche, qui attira les acquéreurs du château en 1869.