Origine et histoire
Le château de Gourville, en Charente, était sous l’Ancien Régime le siège d’une seigneurie poitevine dotée de droits de haute, moyenne et basse justice. Ses origines remontent à une citadelle gothe, comme en témoignent des vestiges protoromans du XIe siècle, dont deux salles souterraines, un souterrain et un aqueduc. Un acte de 1098 mentionne Ermengarde de Joinville cédant une partie du domaine à l’abbaye de Saint-Cybard. La seigneurie, attestée au XIIe siècle, fut prise par Richard Cœur de Lion en 1178.
Au XIIIe siècle, la famille de Gourville construit les donjons est et ouest, ainsi qu’un pont-levis, dont les fondations subsistent. La seigneurie passe aux Chasteigner en 1351, puis aux Roffignac au XIVe siècle. Le château, pris par les Anglais en 1358 et 1438, est occupé au XVe siècle par Thomas de Corlieu, un soldat anglais, qui l’épouse à l’héritière Perrotte Dufresne après la guerre. En 1441, Jeanne Paute, dame de Gourville, épouse Philippe Taveau, baron de Morthemer.
Au XVIe siècle, Guichard de Roffignac en est seigneur avant sa vente en 1550 au maréchal Anne de Montmorency, qui l’embellit dans le style Renaissance. Après l’exécution de son fils en 1632, le château est partiellement détruit, sauf le pont-levis. Il passe aux Lévis, puis aux Bourbon-Condé, avant d’être hérité par Anne-Geneviève de Bourbon, épouse du duc de Longueville. Pendant la Fronde (1649-1655), la duchesse y accueille François VI de La Rochefoucauld, qui y écrit ses Maximes.
En 1660, Jean Héraut (dit Gourville), ancien valet de La Rochefoucauld enrichi par Fouquet, l’achète pour 100 000 livres. La baronnie change ensuite de mains jusqu’à sa vente judiciaire en 1780. Au XIXe siècle, le château, souvent revendu, est restauré entre 1974 et 1983. Il a accueilli des figures comme Charles Quint (1539), Henri IV (1604), et Louis XIV (1651).