Origine et histoire du Château de Goutelas
Le château de Goutelas, situé à Marcoux dans la Loire, trouve ses origines au XIIIe siècle avec une première mention écrite en 1278. À l’origine, il s’agissait d’une place forte médiévale appartenant à la famille des Ecotay, puis transmise aux du Bec de la Garde par mariage en 1405. En 1558, Jean Papon, lieutenant général du bailliage de Forez, acquiert le domaine et le transforme en un château Renaissance, s’inspirant des décors de la Bastie d’Urfé, propriété de sa famille alliée. Son fils Louis, chanoine à Montbrison, achève les aménagements, dont les peintures murales de la chapelle, avant sa mort en 1599.
Au XVIIIe siècle, Philippe du Cros de Montmars entreprend des travaux d’embellissement entre 1777 et 1779, confiant le projet aux architectes Michel-Ange Dal Gabbio et son neveu Michel. Ces travaux incluent une nouvelle façade, un escalier monumental et des aménagements intérieurs de style Louis XVI. Cependant, la Révolution française marque un tournant : en 1794, Philippe du Cros est exécuté, le château est pillé et partagé entre ses quatre filles. Le domaine passe ensuite entre plusieurs mains, subissant un déclin progressif jusqu’en 1961, où il est racheté symboliquement par une association dédiée à sa restauration.
La renaissance du château débute en 1961 grâce à des bénévoles locaux, dont l’avocat Paul Bouchet, ancien résistant. Leur objectif est de transformer Goutelas en un centre culturel de rencontre, mêlant arts, lettres et engagements humanistes. Le château, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1964, devient un lieu de création, accueillant des résidences d’artistes, des concerts (comme celui légendaire de Duke Ellington en 1966) et des débats. Aujourd’hui, il est géré par Loire Forez Agglomération et reste un symbole de patrimoine vivant, lié à l’histoire littéraire avec L’Astrée d’Honoré d’Urfé.
Architecturalement, le château allie une enceinte médiévale à six tours et un plan en H typique de la Renaissance. La chapelle, ornée de peintures murales du XVIe siècle représentant les Apôtres, et l’escalier monumental de Dal Gabbio témoignent de son riche passé. Les façades, toitures, grande salle et chapelle sont protégées depuis 1964. Le site, ouvert au public, propose des expositions, des séminaires et des événements culturels, perpétuant son rôle de lieu de rencontre et d’échange.
Le château est également célèbre pour son lien avec L’Astrée, premier roman d’amour français, où il incarne la demeure du druide Adamas, inspiré par Jean Papon. Un chemin pédestre, le « chemin de Bélizar », relie le château à la butte de Montaubourg, jalonné d’extraits du roman. Depuis 2015, Goutelas fait partie du réseau national des Centres culturels de rencontre, consolidant sa vocation patrimoniale et artistique.