Château de Grammont à Lugny-lès-Charolles en Saône-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Classique

Château de Grammont

  • Château de Lugny
  • 71120 Lugny-lès-Charolles
Château de Grammont
Château de Grammont
Château de Grammont
Château de Grammont
Château de Grammont
Château de Grammont
Château de Grammont
Château de Grammont
Crédit photo : PHILDIC - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Fin du XIe siècle
Première possession connue
1366
Citation du château
1427
Mariage d'Alips de Cousan
1433
Confiscation par Nicolas Rolin
1771
Reconstruction du château
1843
Vente du domaine
1890
Mariage avec Théodule de Grammont
24 septembre 1964
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château lui-même ; façades et toitures des communs ; cour d'honneur avec sa grille ; parc (cad. A 157, 163) : inscription par arrêté du 24 septembre 1964

Personnages clés

Geoffroy, seigneur de Semur-en-Brionnais Premier propriétaire connu du château.
Eustache de Lévis Devenu seigneur de Lugny par son mariage avec Alips de Cousan.
Nicolas Rolin Chancelier ayant confisqué la terre en 1433.
Marc-Antoine II de Lévis Dernier seigneur cité, responsable de la reconstruction du château en 1771.
Edme Verniquet Architecte ayant conduit la reconstruction du XVIIIe siècle.
Charles Edmond Marie, comte de Croix Acquéreur du domaine en 1843, ayant fait quelques aménagements.
Théodule de Grammont Époux de Marguerite de Croÿ, apportant le château à la famille de Grammont.

Origine et histoire du Château de Grammont

Le Domaine de Grammont, appelé aussi château de Lugny, est un ancien château fort reconstruit en 1771, situé à Lugny-lès-Charolles, dans le département de Saône-et-Loire, en Bourgogne-Franche-Comté ; il fut le centre de la seigneurie de Lugny et l’une des quatre baronnies du comté de Charolais. Le château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 24 septembre 1964 ; sont inscrits le château lui‑même, les façades et toitures des communs, la cour d’honneur avec sa grille et le parc. Perché à l’extrémité du plateau dominant l’église du bourg et la vallée de l’Arconce, il domine le site bâti environnant.

À la fin du XIe siècle, il est probablement la possession de Geoffroy, seigneur de Semur-en-Brionnais, qui lègue le château à son fils Hugues. Du XIIIe au XVe siècle, la seigneurie, élevée en baronnie, appartient aux Damas de Cousan ; le château et la maison forte sont cités en 1366. En 1427, par le mariage d’Alips de Cousan et d’Eustache de Lévis, ce dernier se présente comme seigneur de Lugny ; en 1433 la terre est confisquée au profit du chancelier Nicolas Rolin, les Lévis ayant pris parti pour le roi de France. En 1479, Guillaume Rolin restitue les biens aux Lévis, qui les conservent jusqu’en 1794, année de l’exécution de Marc‑Antoine II de Lévis, dernier seigneur cité ; c’est à lui que l’on doit la reconstruction du château en 1771.

Après la Révolution, le château reste dans la maison de Lévis puis passe à Antoine Louis de Lévis, ensuite à sa sœur Antoinette Madeleine de Lévis et, par mariage, à Guy Henri Joseph de Lévis ; leur fils Léo Guy Antoine de Lévis vend le domaine en 1843. En 1843, Charles Edmond Marie, comte de Croix, acquiert le domaine et fait quelques aménagements, notamment la suppression de l’escalier en vis de la tourelle et la création d’un escalier droit dans le vestibule ; sa fille Eugénie Louise de Croix épouse le prince Gustave de Croÿ, et leur fille Marguerite de Croÿ apporte le château en 1890 à la famille de Grammont par son mariage avec Théodule de Grammont, dont les descendants sont toujours propriétaires.

La liste des seigneurs de Lugny comprend notamment Renaud II de Damas, Hugues IV de Damas, Amédée de Damas, Hugues V de Damas, Guy IV de Damas, Hugues VI de Damas, Guy V de Damas, puis Eustache de Lévis, Jean I et Jean II de Lévis, Claude I, Jacques, Claude II, Ponthus de Lévis, un autre Jacques, Marc‑Antoine I de Lévis, Marc‑Antoine II de Lévis et Antoine‑Louis de Lévis.

L’ancien château est décrit comme formé de quatre tours et de hautes murailles, d’un manoir comportant des chambres, d’une chapelle, d’une grande tour, d’un pont‑levis et d’un pont dormant à l’entrée, le tout entouré de fossés. La reconstruction du XVIIIe siècle, conduite par l’architecte Edme Verniquet à la demande de Marc‑Antoine Ponthus de Lévis, transforme la forteresse médiévale en une demeure correspondant aux canons de la fin du XVIIIe siècle, tout en conservant des vestiges médiévaux : dans les caves subsistent des murailles de plus de trois mètres d’épaisseur, des meurtrières et une tour ronde.

L’édifice issu d’un château polygonal comprend un corps central et deux courtes ailes en retour d’équerre vers le nord ; sept pans irréguliers forment les façades ouest, nord et est, dépourvues d’ornementation, tandis que les ailes sont implantées en biais, leurs angles extérieurs seuls étant perpendiculaires à la façade principale. Une tour d’escalier carrée ouvre au rez‑de‑chaussée sur une porte à linteau en accolade ornée des armes des Lévis et des Damas de Cousan, intégrée à la façade sur cour de l’aile est.

La façade s’ouvre sur une cour d’honneur dont l’ampleur est renforcée par des communs d’un seul étage alignés sur les murs extérieurs des ailes ; la cour est précédée d’une avant‑cour close au nord par une grille interrompue en son centre par une porte cochère sans couronnement, dont les piliers à bossages alternés sont surmontés de vases d’ornement et reliés par une traverse couronnée de fer forgé. Au-delà de la grille s’allonge une large allée d’arbres qui se termine à la lisière des prés.

Accolée aux communs de l’est et ouvrant sur une terrasse en contrebas, l’orangerie est encore en usage ; au nord‑ouest, au centre de la cour de la ferme, se dresse un haut pigeonnier circulaire. Le domaine comprend également un potager cultivé selon des plans anciens et un parc à l’anglaise. À l’intérieur, le château a conservé son décor d’origine : dessus‑de‑porte peints dans deux chambres, grands panneaux à paysages dans la salle à manger et lambris dans la plupart des pièces.

Bibliographie et sources mentionnent notamment Françoise Vigner (dir.), Le Guide des Châteaux de France, 71 Saône‑et‑Loire, Éditions Hermé, Paris, 1985, ainsi que divers portails consacrés aux châteaux, au Moyen Âge, à la Saône‑et‑Loire et aux monuments historiques. Parmi les sujets connexes figurent les maisons de Damas, de Lévis, de Croÿ et de Grammont, ainsi que l’architecture militaire médiévale et la liste des châteaux et monuments historiques de Saône‑et‑Loire.

Liens externes