Frise chronologique
1706
Acquisition de la seigneurie de Villepreux
Acquisition de la seigneurie de Villepreux
1706 (≈ 1706)
Pierre François de Francini obtient le domaine.
1720
Début de la construction du château
Début de la construction du château
1720 (≈ 1720)
François Henri de Francini transforme l’hôtel.
1768
Vente au roi Louis XVI
Vente au roi Louis XVI
1768 (≈ 1768)
Honoré de Francini cède la seigneurie.
1811
Réunion du château et de la ferme
Réunion du château et de la ferme
1811 (≈ 1811)
Thomas Jean Baptiste Merlin achète le château.
1826
Achèvement du château
Achèvement du château
1826 (≈ 1826)
Augustine Bertin de Veaux termine l’aile est.
9 juillet 1970
Classement partiel aux Monuments Historiques
Classement partiel aux Monuments Historiques
9 juillet 1970 (≈ 1970)
Protection des façades et salons bleus.
2016
Vente des collections
Vente des collections
2016 (≈ 2016)
Dispersion du patrimoine familial pour 4M€.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; petit salon et grand salon bleu avec leur décor (cad. A 84) : inscription par arrêté du 9 juillet 1970
Personnages clés
| Pierre François de Francini - Fontainier royal et seigneur de Villepreux |
Obtient la seigneurie en 1706. |
| François Henri de Francini - Initiateur du château actuel |
Lance les travaux en 1720. |
| François Heurtier - Architecte de Versailles |
Propriétaire de 1779 à 1802. |
| Louis François Bertin de Veaux - Journaliste et collectionneur |
Crée la bibliothèque et salon littéraire. |
| Augustine Bertin de Veaux - Héritière et mécène |
Achève le château en 1826. |
| Pietro Tenerani - Sculpteur |
Auteur de la statue *Psyché* (record aux enchères). |
| Thomas Jean Baptiste Merlin - Propriétaire et réunificateur du domaine |
Achète château et ferme en 1811. |
Origine et histoire
Le château de Grand'maisons, situé à Villepreux près de Versailles, trouve ses origines au début du XVIIIe siècle. En 1706, Pierre François de Francini, fontainier royal et descendant de Thomas de Francini (fontainier d’Henri IV), obtient la seigneurie de Villepreux, érigée en comté en 1707. À sa mort en 1720, son fils François Henri de Francini entreprend la transformation de l’hôtel de Grand'Maisons en un château plus moderne, bien que les travaux restent inachevés jusqu’au XIXe siècle. Ruiné, Honoré de Francini, son héritier, vend la seigneurie à Louis XVI en 1768, avant que le domaine ne passe entre les mains de l’architecte François Heurtier en 1779, via une manœuvre juridique liée à la couronne.
En 1802, le château est cédé à Pierre Jacques Dubois-Desmeures, puis acquis en 1811 par Thomas Jean Baptiste Merlin, déjà propriétaire de la ferme adjacente via son mariage avec Marie-Françoise-Claudine Tricard. Cette réunion des deux propriétés permet à Augustine Bertin de Veaux, fille de Marie-Françoise et héritière en 1826, d’achever l’aile est du château et d’y développer un salon littéraire fréquenté par des figures romantiques comme Chateaubriand, Berlioz ou Corot. Le domaine, enrichi de collections d’art, de livres (2 500 volumes) et de meubles signés par des ébénistes renommés, reste dans la famille Bertin de Veaux jusqu’au XXe siècle.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1970 pour ses façades, toitures et salons bleus, le château subit les aléas des deux guerres mondiales. En 2016, après la mort de Luc Le Gouz de Saint Seine, les héritiers vendent les collections (4 millions d’euros), mettant fin à deux siècles de patrimoine familial. Le site, ouvert au public pour des visites et hébergements, illustre l’évolution architecturale et culturelle des XVIIIe et XIXe siècles en Île-de-France.
L’orangerie, construite vers 1720 avec des matériaux du manoir détruit, et les salons Empire et Restauration témoignent du faste des lieux. Les portraits familiaux, signés par Girodet-Trioson, Ingres ou Lehmann, ainsi que les statues comme la Psyché de Tenerani (record mondial aux enchères), soulignent l’importance artistique du domaine. Les ébénistes Bernard Molitor et Jacob-Desmalter, ainsi que les reliures de Bozerian ou Thouvenin, complètent ce patrimoine exceptionnel.