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Château de Grandpré dans les Ardennes

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style Louis XIII

Château de Grandpré

    2-8 Rue des Quatre Frères Tellier08250 Grandpré
Propriété privée
Château de Grandpré
Château de Grandpré
Crédit photo : Florent Simonet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1441
Destruction de la forteresse féodale
1618
Achèvement de la porte de la Justice
Fin XVIe – début XVIIe siècle
Construction du nouveau château
1791
Acquisition par le marquis de Sémonville
1792
Séjour du général Dumouriez
13 novembre 1834
Incendie dévastateur
1921
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures : classement par arrêté du 11 avril 1921

Personnages clés

Louis de Joyeuse - Comte de Grandpré Initiateur de la construction fin XVe.
Claude de Joyeuse - Comte de Grandpré, bâtisseur Acheva la porte de la Justice (1618).
Marquis de Sémonville - Propriétaire et homme politique Posséda le château de 1791 à 1839.
Général Dumouriez - Stratège militaire Séjourna en 1792 avant Valmy.
Général Joubert - Militaire Mariage en 1799 dans le château.

Origine et histoire du Château de Grandpré

Le château de Grandpré, situé dans les Ardennes, fut construit à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle par la famille Joyeuse, comtes de Grandpré. Il remplace une forteresse féodale détruite en 1441 sur ordre de Charles VII, après que sa garnison se fût comportée comme des brigands. Le nouvel édifice, initié par Louis de Joyeuse et achevé par son arrière-petit-fils Claude, se distingue par sa tour-porte de la Justice (1618), un chef-d’œuvre de style Louis XIII mêlant briques et pierre calcaire locale, orné de bretèches défensives et de colonnes torses.

Le site, stratégique, contrôlait la Trouée de Grandpré, un passage clé à travers la forêt d'Argonne, comparé aux Thermopyles par le général Dumouriez lors de la préparation de la bataille de Valmy (1792). Le château abritait des communs aux fenêtres étroites et des échauguettes, reflétant une vocation défensive symbolique contre les coups de main. En 1618, la porte monumentale, avec son fronton à volutes et ses arcatures ogivales, incarnait le prestige des Joyeuse, avant que le domaine ne passe aux mains du marquis de Sémonville en 1791.

Le château connut plusieurs destructions : un incendie en 1834 (provoqué par un feu dans la salle des gardes) épargna seulement la porte de la Justice et ses dépendances, déjà rescapées des dégâts causés par les armées prussiennes et des émigrés en 1792. Reconstruit par la famille Babled après 1839, puis ravagé durant la Première Guerre mondiale, il fut restauré dans les années 1920 avec des simplifications stylistiques. Les vestiges actuels, classés Monument Historique en 1921, témoignent de son rôle dans l’histoire militaire et architecturale de la région.

Parmi les événements marquants, le général Dumouriez y séjournait en 1792 avant Valmy, et le général Joubert s’y maria en 1799 avec la fille adoptive de Sémonville. Le mausolée de Claude de Joyeuse, dans l’église Saint-Médard, rappelle l’héritage des bâtisseurs. Aujourd’hui, la porte de la Justice et ses pavillons, avec leurs échauguettes et canonnières, restent les éléments les plus emblématiques du site, illustrant l’alliance entre esthétique baroque et fonction défensive.

Le château de Grandpré incarne aussi les bouleversements politiques français : passé entre les mains de Sémonville (un homme ayant traversé Révolution, Empire et Restauration), il reflète les transitions entre aristocratie féodale, pouvoir révolutionnaire et propriété bourgeoise. Sa reconstruction post-1839, plus modeste, et sa restauration après 1918 soulignent une résilience liée à son ancrage territorial dans la vallée de l’Aire.

Liens externes

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