Frise chronologique
1820-1825
Construction du château
Construction du château
1820-1825 (≈ 1823)
Réalisé par Étienne Blon pour Aristide de Grandville.
1844
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1844 (≈ 1844)
Style néogothique par Théodore Nau.
1851
Création du parc
Création du parc
1851 (≈ 1851)
Plan de Jean-Dominique Noisette.
1er juin 1992
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1er juin 1992 (≈ 1992)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du château et de ses communs (cad. C 568, 570) : inscription par arrêté du 1er juin 1992
Personnages clés
| Aristide Locquet de Grandville - Commanditaire et maire de Port-Saint-Père |
Propriétaire et initiateur du projet. |
| Étienne Jean-Baptiste Blon - Architecte nantais |
Concepteur du château, en litige avec de Grandville. |
| Jean-Dominique Noisette - Jardinier-paysagiste |
Auteur du parc à l’anglaise en 1851. |
| Théodore Nau - Architecte diocésain |
Constructeur de la chapelle en 1844. |
Origine et histoire
Le château de Granville, situé à Port-Saint-Père en Loire-Atlantique, est une villa néo-palladienne construite entre 1820 et 1825 par l’architecte nantais Étienne Jean-Baptiste Blon. Commandé par Aristide Locquet de Grandville, maire de la commune et homme politique, ce château s’inspire des villas vénitiennes d’Andrea Palladio, avec une façade structurée par des colonnes ioniques et une loggia emblématique. Le domaine, incluant un parc à l’anglaise dessiné par Jean-Dominique Noisette après 1851, surplombe les marais de l’Acheneau, intégrant harmonieusement architecture et paysage.
Un contentieux oppose Aristide de Grandville à Blon après la construction, concernant le statut de ce dernier (architecte vs entrepreneur) et le coût des travaux, finalement réglé après 23 ans de procédure. En 1844, une chapelle néogothique, œuvre de l’architecte Théodore Nau, est ajoutée au domaine. Le château, transmis par alliances successives aux familles de Moulin de Rochefort, Dampierre, puis d’Argenlieu, est inscrit aux Monuments Historiques en 1992 pour ses façades et toitures.
Le parc, conçu pour mettre en valeur le château et son environnement naturel, conserve encore aujourd’hui ses allées sinueuses et ses essences végétales d’origine (sapins, pins). Bien que certaines modifications aient eu lieu, le tracé de 1851 reste majoritairement intact. Les dépendances, organisées en « U » autour d’une cour, adoptent un style sobre avec des matériaux locaux (schiste, granit) et un enduit gris typique du Pays nantais.
L’architecture du château mêle influences palladiennes (plan centré, loggia, serliennes) et éléments néoclassiques, comme l’attique ou les pilastres liés. La façade côté jardin, plus ouvragée, contraste avec celle côté cour, plus austère, recouverte d’un enduit unifié. La chapelle, quant à elle, se distingue par son portail en anse de panier et ses vitraux représentant sainte Anne et la Vierge, reflétant l’engouement du XIXe siècle pour le style néogothique.
Aristide de Grandville, figure centrale du projet, incarne l’idéal rousseauiste de retour à la nature, tout en affirmant son statut social par une demeure prestigieuse. Le château, symbole de ce double héritage, illustre aussi les tensions entre commanditaires et artisans, comme en témoigne le litige avec Blon. Aujourd’hui, le domaine, restauré par la famille d’Argenlieu, reste un exemple remarquable d’intégration entre architecture savante et paysage naturel.
La postérité du château repose sur son éclectisme stylistique et son histoire familiale mouvementée. Son inscription en 1992 consacre sa valeur patrimoniale, tandis que son parc, préservé dans son esprit romantique, offre un témoignage vivant des jardins pittoresques du XIXe siècle en Pays de la Loire.