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Frise chronologique
1156
Première mention écrite
Première mention écrite
1156 (≈ 1156)
Charte de l’évêque de Strasbourg
1217
Fief des Ochsenstein
Fief des Ochsenstein
1217 (≈ 1217)
Tenus par les Greifenstein en arrière-fief
XIIIe siècle
Construction du Petit Greifenstein
Construction du Petit Greifenstein
XIIIe siècle (≈ 1350)
À l’est de l’éperon rocheux
1444
Ajout d’une braie et bastillon
Ajout d’une braie et bastillon
1444 (≈ 1444)
Adaptation aux armes à feu
1457
Extinction de la lignée
Extinction de la lignée
1457 (≈ 1457)
Fin des seigneurs de Greifenstein
1470
Prise par le comte Palatin
Prise par le comte Palatin
1470 (≈ 1470)
Guerre avec Frédéric-le-Victorieux
1643
Abandon définitif
Abandon définitif
1643 (≈ 1643)
Décrits comme ruines
1898
Classement monument historique
Classement monument historique
1898 (≈ 1898)
Arrêté du 6 décembre
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château Greifenstein (ruines) : classement par arrêté du 6 décembre 1898
Personnages clés
| Merboto de Greifenstein - Seigneur cité en 1156 |
Mentionné dans une charte épiscopale |
| Frédéric-le-Victorieux - Prince électeur du Palatin |
En conflit pour le château en 1470 |
| Louis de Lichtenberg - Commandant militaire |
Prend les châteaux en 1470 |
| Turenne - Général (tradition orale) |
Travaux de fortification en 1674 |
Origine et histoire
Le château de Greifenstein, situé dans la forêt domaniale de Saverne en Alsace, est un château fort en ruine construit à 360 mètres d’altitude sur un promontoire rocheux. Il surveillait les accès aux vallées du Ramsthal et de la Zorn. Le site abrite deux châteaux d’époques différentes : le Vieux Greifenstein (XIIe siècle) et le Petit Greifenstein (XIIIe siècle). Leur nom, d’origine allemande (Greif pour « griffon » et stein pour « pierre »), reflète une tradition de forteresses en pierre sur éperons rocheux, opposées aux anciennes mottes castrales.
Le château est cité pour la première fois en 1156 dans une charte de l’évêque de Strasbourg, mentionnant un Merboto de Greifenstein, probablement lié aux sires de Greifenstein. Au XIIIe siècle, le château devient un fief des Ochsenstein, puis un arrière-fief des Greifenstein sous l’autorité épiscopale. Un second château, le Petit Greifenstein, est édifié à l’est de l’éperon. La lignée des seigneurs de Greifenstein s’éteint en 1457, et les deux châteaux passent au comte Palatin avant d’être repris par l’évêque de Strasbourg après des conflits militaires.
Abandonnés progressivement, les châteaux sont décrits comme des ruines dès 1643. Leurs pierres, notamment celles du donjon principal (le plus large d’Alsace avec 13 mètres de côté), sont réutilisées pour construire le palais épiscopal de Saverne (château des Rohan). Le site, classé monument historique en 1898, conserve des vestiges marquants : un large fossé séparant les deux châteaux, une tour rénovée entre les donjons, et une vue panoramique sur Saverne, le Haut-Barr et la vallée de la Zorn.
Une légende locale raconte que le château serait hanté par une dame blanche, avare transformée en crapaud chaque vendredi, gardienne d’une clé en or donnant accès à ses trésors cachés. Cette malédiction ne prendrait fin que si un jeune homme l’embrasse et s’empare de la clé. Cette anecdote folklorique ajoute une dimension mystique aux ruines, déjà chargées d’histoire militaire et féodale.
Architecturalement, le Grand Greifenstein se distingue par son donjon massif et sa citerne du XIIe siècle, tandis que le Petit Greifenstein, construit vers 1300, intègre des éléments défensifs comme une braie nord et un bastillon pour armes à feu (vers 1444). Une aile est, ajoutée à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, témoigne des dernières modifications avant son abandon. Des restaurations partielles ont eu lieu en 1861–1862, mais le site reste un exemple emblématique de l’architecture castrale alsacienne.