Frise chronologique
1047
Première mention écrite
Première mention écrite
1047 (≈ 1047)
Gréolières citée comme *villa* des vicomtes.
1079
Attestation du château
Attestation du château
1079 (≈ 1079)
Forteresse mentionnée comme propriété vicomtale.
1230
Prise par le comte de Provence
Prise par le comte de Provence
1230 (≈ 1230)
Siège et construction de Hautes Gréolières.
1235
Don à Romée de Villeneuve
Don à Romée de Villeneuve
1235 (≈ 1235)
Début de la seigneurie Villeneuve-Vence.
1385
Pillage pendant la guerre
Pillage pendant la guerre
1385 (≈ 1385)
Conflit entre Duras et Anjou.
1574
Attaque protestante
Attaque protestante
1574 (≈ 1574)
Siège par les huguenots contre Claude de Villeneuve.
1590
Bombardement savoyard
Bombardement savoyard
1590 (≈ 1590)
200 boulets tirés, façade effondrée.
1712
Travaux attestés
Travaux attestés
1712 (≈ 1712)
Pierre gravée *1712 Rep.* dans l’enceinte.
1747
Dégâts pendant la guerre
Dégâts pendant la guerre
1747 (≈ 1747)
Bombardement austro-sarde.
1776
Saisie révolutionnaire
Saisie révolutionnaire
1776 (≈ 1776)
Devenu Bien national.
1838
Vente à Jacques Flory
Vente à Jacques Flory
1838 (≈ 1838)
Acquis pour 17 000 francs-or.
1976
Inscription MH
Inscription MH
1976 (≈ 1976)
Protection des ruines par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (ruines) (cad. G 240, 241) : inscription par arrêté du 15 novembre 1976
Personnages clés
| Vicomtes de Nice - Premiers seigneurs |
Propriétaires jusqu’au XIIe siècle. |
| Comte de Provence - Conquérant du château |
S’empare du site vers 1230. |
| Romée de Villeneuve - Nouveau seigneur en 1235 |
Fondateur de la lignée Villeneuve-Vence. |
| Claude de Villeneuve - Baron de Vence (XVIe s.) |
Protestant, défendit le château en 1574. |
| Scipion de Villeneuve - Héritier de Claude |
Exhorté à revenir au catholicisme (1592). |
| Jacques Flory - Acquéreur en 1838 |
Habitant du village, dernier propriétaire privé. |
Origine et histoire
Le château de Gréolières, mentionné pour la première fois en 1047 sous le nom de Graulieras, appartenait initialement aux vicomtes de Nice. À cette époque, le site, alors appelé villa, était voisin du castrum de Moyone et abritait une église et une forteresse primitive. Vers 1070, les vicomtes abandonnent le château de Majone pour s’installer sur le promontoire de Gréolières, où une forteresse est explicitement attestée en 1079. Ce premier château, probablement situé à Basses Gréolières, reste sous leur contrôle jusqu’au XIIe siècle, dans un contexte de rivalités entre la noblesse locale et les comtes de Provence.
Au début du XIIIe siècle, le comte de Provence, cherchant à affaiblir l’influence des vicomtes de Nice et de la république de Gênes, assiège et s’empare du château de Basses Gréolières vers 1230. Pour renforcer son contrôle sur la région, il fait construire le château de Hautes Gréolières vers 1220, puis cède Basses Gréolières à Romée de Villeneuve en 1235. Le monument reste dès lors dans la famille Villeneuve-Vence jusqu’à la Révolution, subissant plusieurs remaniements, notamment après les pillages de 1385 lors des conflits entre partisans de Charles de Duras et Louis II d’Anjou.
Les XVIe et XVIIe siècles sont marqués par des destructions liées aux guerres de Religion et aux conflits régionaux. En 1574, le château, alors propriété du baron de Vence Claude de Villeneuve, est attaqué par des protestants avant d’être repris par des troupes venues de Vence. En 1590, les troupes du duc de Savoie Charles-Emmanuel le bombardent, causant l’effondrement d’une façade. Malgré des restaurations au début du XVIIe siècle, le château est de nouveau endommagé en 1747 pendant la guerre de Succession d’Autriche, avant d’être saisi comme Bien national à la Révolution. En 1838, il est vendu à un habitant du village, Jacques Flory, pour 17 000 francs en pièces d’or.
Les vestiges actuels, inscrits aux monuments historiques en 1976, révèlent une enceinte polygonale partiellement conservée, avec des murs en moellons et des meurtrières datant principalement du XIVe siècle. Une pierre gravée 1712 Rep. atteste de travaux à cette date, tandis que des blocs de pierre à bosse, réemployés dans les murs, témoignent des réaménagements successifs. Une fouille archéologique a confirmé un profond remaniement à la fin du XIVe siècle, lié aux troubles de la Guerre de Cent Ans et aux conflits autour de la succession de la reine Jeanne. Le site, bien que partiellement en ruines, conserve une citerne souterraine et des éléments défensifs caractéristiques des forteresses médiévales provençales.