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Château de Grésy en Savoie

Savoie

Château de Grésy

    475 Chemin de Grésy
    73100 Grésy-sur-Aix

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe-XIIe siècles
Construction initiale
1287
Traité d'Annemasse
1289
Hommage de Pierre Ier
1401
Intégration à la Savoie
1422
Don à Amédée VIII
1563
Vente à Louis Oddinet
1575
Acquisition par Guillaume de Portes
1579
Travaux de réparation
1684
État de ruine
1792
Confiscation révolutionnaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre Ier de Grésy - Seigneur de Grésy Prête hommage en 1289
Amédée VIII de Savoie - Comte puis duc Reçoit le château en 1422
Guillaume de Portes - Président du Parlement Acquiert le château en 1575
Jeanne d'Aragon - Épouse de Guillaume Inhumée dans la chapelle
Claude Marie Carron - Comte de Grésy Dernier propriétaire avant 1792
François de Grésy - Dernier héritier Cède le château en 1422

Origine et histoire

Le château de Grésy, édifié entre les XIe et XIIe siècles à Grésy-sur-Aix (Savoie), s’élève sur les vestiges d’un oppidum romain et d’une ancienne voie reliant Aix à Annecy. Stratégiquement positionné à la frontière des comtés de Savoie et de Genève, il surveillait le massif des Bauges et l’entrée de l’Albanais. Des antiquités romaines, dont une inscription signalée en 1824, attestent de son occupation ancienne.

Au XIIIe siècle, le château devient le centre d’un mandement dépendant des comtes de Genève. En 1287, le traité d’Annemasse le place sous suzeraineté savoyarde : Pierre Ier de Grésy en prête hommage au comte de Genève en 1289. Le fief passe définitivement à la Savoie en 1401, après l’achat du comté de Genève. François de Grésy, dernier héritier, le cède en 1422 à Amédée VIII de Savoie, qui l’attribue successivement à des seigneurs comme Manfred de Saluces ou Jacques de Clermont.

Au XVIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : vendu en 1563 à Louis Oddinet, racheté par Jacques de Savoie-Nemours en 1572, puis cédé en 1575 à Guillaume de Portes, président du Parlement du Dauphiné. Malgré des réparations en 1579 (galerie et corps de logis), il tombe en ruine dès 1684. Seule subsiste la tour donjon, donnée en dot à Françoise Carron en 1792. Les vestiges actuels incluent ce donjon carré (15×26 m), des murs de cellier, et les traces d’une double enceinte fossoyée.

Le château abritait une châtellenie, siège administratif et judiciaire dès le XIIIe siècle. Le châtelain, officier nommé par les comtes de Genève puis de Savoie, gérait les revenus fiscaux et l’entretien des lieux. Au XIVe siècle, la châtellenie de Grésy fut rattachée à celle de Cessens. Les fouilles ont révélé des stèles romaines et un sarcophage dans la chapelle Saint-Pierre, où fut probablement inhumée Jeanne d’Aragon, épouse de Guillaume de Portes.

Aujourd’hui, les ruines du château de Grésy témoignent de son rôle militaire et seigneurial, entre conflits féodaux et déclin progressif. Son donjon, dernier vestige majeur, rappelle l’architecture défensive médiévale, tandis que les inscriptions romaines soulignent son ancrage historique plurimillénaire.

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