Frise chronologique
1239
Seigneurie des Adhémar
Seigneurie des Adhémar
1239 (≈ 1239)
Branche cadette obtient Grignan.
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Forteresse bâtie par les Adhémar sur un piton.
1478–1495
Transformation Renaissance
Transformation Renaissance
1478–1495 (≈ 1487)
Gaucher Adhémar modernise le logis.
1533
Visite de François Ier
Visite de François Ier
1533 (≈ 1533)
Le roi séjourne au château.
1684–1690
Aile des Prélats
Aile des Prélats
1684–1690 (≈ 1687)
Construction financée par les frères ecclésiastiques.
1793
Destruction révolutionnaire
Destruction révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Démolition partielle des façades et toitures.
1912–1937
Restauration par Marie Fontaine
Restauration par Marie Fontaine
1912–1937 (≈ 1925)
Reconstruction fidèle du château.
1993
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1993 (≈ 1993)
Protection des façades et intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le mur avec le portail du XVIIe siècle bordant la rue longeant l'église : inscription par arrêté du 17 avril 1947 - Le château (à l'exception des parties classées) ainsi que le parc et les terrasses (à l'exception de la terrasse classée) (cad. D 267) : inscription par arrêté du 24 février 1987 - Les façades et toitures du château ; la terrasse avec le mur de soutènement ; le châtelet d'entrée ; à l'intérieur : le salon du Roi, la chambre de la Reine, la chambre de Madame de Sévigné, la salle de la Salamandre, la galerie des Adhémars, l'entrée voûtée (cad. D 267) : classement par arrêté du 17 décembre 1993
Personnages clés
| Gaucher Adhémar (1450–1516) - Seigneur et bâtisseur |
Transforme le château en résidence Renaissance. |
| Louis Adhémar (1474–1558) - Ambassadeur de François Ier |
Agrandi le logis sud et la terrasse. |
| François Adhémar de Grignan (1629–1714) - Comte et époux de Sévigné |
Commanditaire de l’aile des Prélats. |
| Madame de Sévigné (1626–1696) - Épistolière célèbre |
Y séjourne et y meurt en 1696. |
| Léopold Faure (XIXe siècle) - Sauveur des ruines |
Consolide le châtelet d’entrée. |
| Marie Fontaine (1912–1937) - Mécène restauratrice |
Reconstitue le château au XXe siècle. |
Origine et histoire
Le château de Grignan trouve ses origines au XIIe siècle, construit par la famille d'Adhémar sur un piton rocheux dominant le village. Initialement forteresse médiévale, il est renforcé au XIIIe siècle avec une enceinte et une chapelle Saint-Romain, tandis que la seigneurie devient une baronnie. Les Adhémar, seigneurs locaux, obtiennent en 1257 des privilèges fiscaux et judiciaires du comte de Provence, consolidant leur pouvoir.
Au XVe siècle, Gaucher Adhémar (1450–1516), au service de Louis XI, transforme le château en résidence Renaissance. Il double la salle médiévale, crée une galerie d’apparat et modernise les façades, inspiré par les modèles italiens introduits via Avignon et Marseille. Son fils, Louis Adhémar (1474–1558), ambassadeur de François Ier, poursuit les travaux : construction du corps de logis sud (1540–1545) et de la terrasse couvrant la collégiale Saint-Sauveur, malgré une interruption due à son emprisonnement pour son rôle dans la répression des Vaudois.
Le XVIIe siècle marque l’apogée du château avec François Adhémar de Grignan, époux de Françoise-Marguerite de Sévigné, fille de la célèbre épistolière. Entre 1684 et 1690, il fait bâtir l’aile des Prélats, financée par ses frères ecclésiastiques, et aménage des jardins en terrasses. Madame de Sévigné y séjourne à trois reprises (1672–1673, 1690–1691, 1694–1696) et y meurt en 1696. La famille, ruinée par des dettes et la mort prématurée de l’héritier en 1704, vend le château en 1732 aux Félix du Muy.
La Révolution française entraîne la destruction partielle du château en 1793 : la toiture et les deux tiers de la façade sud sont démolis, le mobilier vendu. Classé comme « monument insultant l’égalité », il est sauvé de justesse par sa restitution au général du Muy en 1794. Au XIXe siècle, Léopold Faure (propriétaire à partir de 1838) consolide les ruines et restaure le châtelet d’entrée, ajoutant des éléments néo-gothiques. Au XXe siècle, Marie Fontaine (1912–1937) entreprend une reconstruction fidèle, s’appuyant sur des archives et des croquis d’époque, malgré des erreurs dans la façade sud.
Aujourd’hui, le château abrite des collections mobilières et des tapisseries, et accueille des événements culturels comme les Fêtes nocturnes (depuis 1987) et des tournages. Classé Monument Historique en 1993, il est propriété du département de la Drôme et symbolise à la fois l’héritage médiéval, la Renaissance provençale et le rayonnement littéraire de Madame de Sévigné.