Frise chronologique
1582
Achat par Pomponne de Bellièvre
Achat par Pomponne de Bellièvre
1582 (≈ 1582)
Acquisition du domaine à Diane de Poitiers.
1636
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1636 (≈ 1636)
Œuvre de Nicolas de Bellièvre, fils de Pomponne.
1651
Érection en marquisat
Érection en marquisat
1651 (≈ 1651)
Grignon devient un marquisat sous Nicolas de Bellièvre.
1674
Agrandissement du domaine
Agrandissement du domaine
1674 (≈ 1674)
Échange de terres avec l’église de Thiverval.
1682
Vente à André Potier
Vente à André Potier
1682 (≈ 1682)
Passage du marquisat à une nouvelle famille.
1826
Fondation de l’école d’agriculture
Fondation de l’école d’agriculture
1826 (≈ 1826)
Création par Charles X de l’Institution royale agronomique.
1941
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1941 (≈ 1941)
Inscription des bâtiments et du parc.
2022
Déménagement d’AgroParisTech
Déménagement d’AgroParisTech
2022 (≈ 2022)
Transfert vers le plateau de Saclay.
2024
Maintien comme bien public
Maintien comme bien public
2024 (≈ 2024)
Annonce d’une société ad hoc pour son avenir.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'école Nationale d'Agriculture : inscription par arrêté du 5 juillet 1941
Personnages clés
| Pomponne de Bellièvre (1529–1607) - Chancelier de France |
Acheteur du domaine en 1582. |
| Nicolas de Bellièvre (1583–1650) - Seigneur de Neauphle |
Constructeur du château, créateur du marquisat. |
| André Potier - Conseiller au Parlement |
Acquéreur du marquisat en 1682. |
| Maréchal Ney - Propriétaire post-révolutionnaire |
Époux de l’héritière Auguie en 1802. |
| Maréchal Bessières - Propriétaire éphémère |
Acheteur en 1803, veuve revend le domaine. |
| Charles X - Roi de France |
Fondateur de l’école d’agriculture en 1826. |
Origine et histoire
Le château de Grignon, situé à Thiverval-Grignon dans les Yvelines, est construit au XVIIe siècle sous l’impulsion de Nicolas de Bellièvre, seigneur de Neauphle. Issu d’un manoir médiéval acquis en 1582 par son père Pomponne de Bellièvre, chancelier de France, le domaine est transformé en marquisat en 1651. En 1674, un échange de terres avec l’église de Thiverval permet son agrandissement, au détriment d’une partie du village déplacée vers l’ouest. Le château, de style Louis XIII avec un parement de briques et pierres, est entouré de communs et de terres agricoles.
En 1682, le marquisat est vendu à André Potier, conseiller au Parlement, marquant la fin de l’ère Bellièvre. Après la Révolution, le domaine passe entre les mains du maréchal Ney par alliance, avant d’être acquis en 1803 par le futur maréchal Bessières. Sa veuve le revend en 1826 à Charles X, qui y fonde l’Institution royale agronomique de Grignon, première école d’agriculture de France. L’établissement évolue ensuite en École impériale (1852), nationale (1870), puis en Institut agronomique (1971), avant de devenir AgroParisTech en 2007.
Le château, inscrit aux Monuments historiques depuis 1941, abrite jusqu’en 2022 des laboratoires de recherche (INRAE, Terres Inovia) et des résidences étudiantes. Son déménagement vers Saclay suscite des tensions, notamment en 2021 avec un blocage étudiant contre sa vente. En 2024, le domaine reste un bien public, accueillant temporairement des migrants et envisageant un projet de campus international dédié à l’agriculture et à l’environnement. Le parc de 300 hectares, clos de murs, mêle terres agricoles, bois et bâtiments scientifiques hérités des XIXe et XXe siècles.
L’architecture en U, typique du style Louis XIII, et les communs historiques contrastent avec les installations modernes. Le site, protégé pour son patrimoine bâti et paysager, incarne à la fois l’héritage seigneurial du XVIIe siècle et l’innovation agronomique. Les controverses récentes (vente avortée au PSG en 2016, enchères de mobilier en 2022) soulignent son enjeu patrimonial et mémoriel pour la communauté scientifique et locale.
Depuis 2022, seuls les laboratoires de Terres Inovia subsistent sur place. Le château, vidé de ses fonctions éducatives, attend un nouveau projet compatible avec son statut de monument classé. Les débats portent sur son avenir : lieu de médiation scientifique, espace d’accueil humanitaire, ou site préservé pour sa valeur historique et paysagère.