Origine et histoire du Château de Grosbois
Le château de Grosbois, situé à Boissy-Saint-Léger dans le Val-de-Marne, est un édifice de la Renaissance construit entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle. Son architecture, influencée par Jacques Androuet du Cerceau, se distingue par un plan en U avec un corps central incurvé en exèdre, flanqué de deux ailes basses. Le domaine, initialement terre royale, fut acquis en 1563 par Raoul Moreau, trésorier de l'Épargne, avant d'être cédé en dot à sa fille Marie, épouse de Nicolas de Harlay de Sancy. Ce dernier fit ériger le corps de logis central en 1597, travaux poursuivis par son gendre, le baron Nicolas Harlay de Sancy, surintendant des Finances et propriétaire du célèbre diamant éponyme.
Au XVIIe siècle, le château passa aux mains de la famille Harlay, puis fut vendu en 1616 à Charles de Valois, duc d'Angoulême, qui le fit achever vers 1640. Ce dernier y commanda un décor mural pour sa chambre d'honneur, attribué à Horace Le Blanc, et fit construire le mur d'enceinte et les ailes de la cour. À sa mort en 1650, le domaine fut transmis à sa petite-fille, la duchesse de Joyeuse, avant d'être vendu en 1718 à Samuel-Jacques Bernard, puis à divers propriétaires dont le comte de Provence, futur Louis XVIII, qui y résida jusqu'à son exil.
Sous la Révolution, le château fut confisqué comme bien national et acheté en 1797 par Barras, avant d'être revendu en 1801 au général Moreau, puis en 1805 au maréchal Berthier. Ce dernier y réalisa d'importants aménagements intérieurs, dont la galerie des Batailles et le salon de l'Empereur, et agrandit le domaine pour en faire un lieu de chasse prestigieux. Après la mort de Berthier en 1815, le château resta dans sa descendance jusqu'en 1914, date à laquelle il fut cédé à la famille La Tour d'Auvergne-Lauraguais. Durant la Seconde Guerre mondiale, il abritera le siège de la Luftwaffe et servira de décor à plusieurs films.
En 1962, le château et son domaine de 450 hectares furent acquis par la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français pour y installer un centre d'entraînement pour chevaux de course. Depuis 2010, il abrite également le musée du trot, le plus important d'Europe. Le château, classé et inscrit aux monuments historiques à plusieurs reprises (1933, 1948, 1964, 2014), conserve des éléments remarquables comme les peintures murales du XVIIe siècle, le salon Régence, et les aménagements du XIXe siècle.
L'architecture du château, en brique et pierre, allie un logis principal à deux ailes en retour, avec des parties agricoles construites avant 1616. Les modifications des ouvertures vers 1730 et les transformations intérieures du maréchal Berthier, comme la bibliothèque et la galerie des Batailles, témoignent des évolutions stylistiques et fonctionnelles du monument. Le parc, entouré de murs et doté d'une tour cynégétique, complète cet ensemble historique majeur d'Île-de-France.