Frise chronologique
1815
Construction initiale
Construction initiale
1815 (≈ 1815)
Château bâti pour la duchesse de Charost.
1832
Visite royale
Visite royale
1832 (≈ 1832)
Réception de la duchesse d’Angoulême.
1938
Achat par Beistegui
Achat par Beistegui
1938 (≈ 1938)
Début des transformations majeures.
1957
Inauguration du théâtre
Inauguration du théâtre
1957 (≈ 1957)
Première représentation avec la Comédie-Française.
27 septembre 1993
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
27 septembre 1993 (≈ 1993)
Protection du château et de son parc.
2022
Fermeture au public
Fermeture au public
2022 (≈ 2022)
Travaux en cours jusqu’à nouvel ordre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château avec ses décors intérieurs, ainsi que le parc l'accompagnant avec toutes ses fabriques (cad. F 144 à 146, 148, 149) : classement par arrêté du 27 septembre 1993
Personnages clés
| Henriette Adélaïde du Bouchet de Sourches, duchesse de Charost - Commanditaire initial |
Fait construire le château en 1815. |
| Charles de Beistegui - Mécène et transformateur |
Acheteur en 1938, redessine château et parc. |
| Emilio Terry - Architecte et décorateur |
Collabore aux fabriques et intérieurs. |
| Alexandre Serebriakoff - Peintre d’intérieurs |
Auteur d’aquarelles et décors intérieurs. |
| Jean-Louis Remilleux - Ancien propriétaire (1999-2011) |
Organise la vente aux enchères du mobilier. |
Origine et histoire
Le château de Groussay est construit en 1815 pour Henriette Adélaïde du Bouchet de Sourches, duchesse de Charost, fille de la gouvernante des enfants de Louis XVI. Situé à Montfort-l'Amaury, il incarne l’élégance de la Restauration avec un parc régulier et une pièce d’eau centrale. La duchesse y reçoit la duchesse d’Angoulême en 1832, avant sa mort en 1835. Le domaine passe ensuite entre les mains de la comtesse Julie de Pahlen, qui y accueille Napoléon III et l’impératrice Eugénie.
En 1938, Charles de Beistegui, esthète mexicain et espagnol, acquiert le château non protégé et le transforme radicalement entre 1945 et 1970. Il ajoute deux ailes, un théâtre à l’italienne, une salle de bal dite « hollandaise », et redessine le parc de 30 hectares avec des fabriques inspirées des jardins anglo-chinois du XVIIIe siècle, comme la Tente Tartare ou la Pagode Chinoise. Ces aménagements, réalisés avec l’architecte Emilio Terry et le peintre Alexandre Serebriakoff, mêlent néo-classicisme et fantaisie post-moderne.
Le château devient un lieu de réception fastueux, accueillant des personnalités comme la Comédie-Française pour l’inauguration du théâtre en 1957. Après la mort de Beistegui en 1970, le domaine est vendu en 1999, et son mobilier dispersé lors d’une vente aux enchères historique. Classé Monument Historique en 1993, il est aujourd’hui fermé au public pour travaux, après avoir servi de décor à des films (comme Valmont de Miloš Forman) et des émissions télévisées (Le Meilleur Pâtissier).
Les intérieurs conservent des éléments emblématiques comme la galerie des tapisseries inspirées de Goya, le salon russe, ou la bibliothèque à double escalier en colimaçon. Le parc, avec ses fabriques (Pont Palladien, Temple d’Amour), illustre l’éclectisme de Beistegui, entre héritage historique et création audacieuse. Depuis 2016, des initiatives culturelles (théâtre, expositions) ont tenté de redonner vie à ce lieu, malgré sa fermeture actuelle.
Le château de Groussay symbolise ainsi deux époques : celle de la Restauration, avec son héritage royal, et celle des années 1950-1970, marquée par l’excentricité d’un mécène passionné. Son histoire reflète les mutations du goût, entre tradition aristocratique et avant-garde décorative, tout en restant ancré dans le paysage culturel français.